La naissance de Louis le 23 juillet 2010

Cette semaine c’est Laet’ qui nous raconte la naissance de son fils Louis, son deuxième enfant.

Vous avez déjà eu l’occasion de lire le récit de la naissance de sa fille Clara.

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Jeudi 22 juillet 2010, je suis a 41 SA et complètement déprimée de ne pas avoir accouché. Moi qui espérais depuis près de 3 semaines voir mon bébé que j’avais eu tant de mal a imaginer.

La semaine précédente, dépitée, j’avais appelé la maternité pour prendre un rendez vous de « surveillance intensive », c’est comme ça qu’ils appellent ça ! La dame m’avait laissé croire que souvent, ça les faisait sortir les bébés rien que d’entendre ce mot !

Bah non, le miens, BB2 tel qu’il avait été baptisé toute ma grossesse, il ne voulait pas. Mon ventre pesait une demi-tonne et je n’arrivais même plus à lever les pieds assez hauts en marchant, donc je me prenais les pieds dans tout ce qui dépassait un tant soit peu du sol !

Je me rends donc à mon rdv en ravalant mes larmes. Mais à peine assise en salle d’attente, elles sortent. A gros flots. Je suis à bout de force, moralement et physiquement.
Arrive alors Mylène, une sage femme très douce qui voit tout de suite pourquoi je pleure sans avoir à le demander. Elle me pose quelques questions, me dit qu’elle me voit mal attendre les 5 jours préconisés avant un déclanchement et me demande même si je serais contre le faire dès le lendemain.

Je lui dit que je voudrais vraiment qu’il vienne tout seul ce petit, mais qu’effectivement je suis a bout.
Elle me propose de m’examiner d’abord puis d’aviser ensuite.
Extrêmement délicate, Mylène demande l’autorisation avant de faire le moindre geste sur mon corps. Un respect absolu de la personne. Je l’aime déjà.

Elle examine mon col, il est mou, raccourcit, postérieur car on doit contourner la tête de BB2 très très basse pour l’atteindre, mais ouvert à un doigt en externe seulement. Elle dit que c’est plutôt un col favorable au déclanchement, me branche pour un monitoring et me dit qu’elle va discuter mon cas en salle de naissance avec l’équipe et qu’elle revient ensuite.

Elle revient après 20 minutes et me dit que Jacqueline, la sage femme qui fait l’acupuncture est présente aujourd’hui. Elle me propose donc une séance  pour favoriser un travail naturel avant de penser a un déclanchement. J’accepte volontiers, j’avais prévu moi-même une séance le lendemain alors le plus tôt sera le mieux.

Elle me dit de monter d’abord faire une échographie de contrôle, d’aller déjeuner et de remonter faire la séance ensuite.
L’échographie est plus frustrante qu’autre chose, c’est une étudiante et elle tâtonne franchement. La titulaire arrive et fait 3 mesures sans rien m’expliquer. Je dois donc demander à la fin si tout va bien.
Elle me répond froidement que tout est ok. Je peux aller déjeuner.

Je descends donc a la cafeteria de la maternité manger un plat de pates comme une pauvre malheureuse, l’œil rougit et reniflant. Seule face à moi-même et avec cette sensation persistante que je n’accoucherai jamais toute seule !

Je remonte enfin et on m’installe dans une salle de naissance, Jacqueline arrive et me pose les petites aiguilles (certaines font vraiment mal d’ailleurs) puis me laisse là pour 30 minutes.

Je m’ennuie,  le temps me semble long. Elle revient, je lui demande ce que je devrais faire ensuite et elle me répond : « vous rappelez dans 48 h pour prendre un autre rdv de surveillance intensive »
Bam, mange ça. Elle ressort et là les larmes reviennent ! 48 h !!!  Je tiendrais jamais !!!

Quand elle revient, elle me demande ce qu’il y a, je lui dis que je n’en pouvais plus voilà tout.
Elle me propose alors de revenir le lendemain soir, pendant son service, et de faire croire que je suis en travail et de la demander Elle. Qu’elle déclenchera avec de l’ocytocine, puis percera la poche. Mais que cela doit rester entre nous.

Dépitée j’accepte mais je ne le souhaite pas vraiment. Cette proposition m’angoisse, moi je ne sais pas mentir ni jouer la comédie, et je ne souhaite pas que mon accouchement soit une mascarade. Et encore moins qu’il se termine avec les forceps ou en césarienne ! Je rentre donc contrariée de la maternité, encore plus qu’en y venant.

Le soir venu, à la maison, j’ai une contraction de temps en temps, mais pas des petites gentilles, des qui font qu’on doit arrêter ce qu’on fait pour se concentrer sur la douleur. Une par heure je dirais.
La soirée avance, ça devient environ toutes les 30 mins. Vers 1h45 du matin le 23/07, je décide enfin de me coucher et je vais aux toilettes avant. Et là en m’essuyant je sens un  truc visqueux et dégoutant.
Je regarde et vu l’apparence de ce truc, c’est forcément le bouchon muqueux.
Enchantée de te rencontrer bouchon, je ne t’avais pas vu pour ma grande, je m’en serais bien passé là aussi. Pouah !

Bon… ca travaille on dirait bien…
Je vais donc au lit. Au bout de 20 min je suis réveillée par une contraction bien douloureuse. Mais j’arrive encore à respirer. Je la gère et me recouche. 20 min après, bam, de nouveau, plus forte. Si forte que je commence à faire des bruits bizarres pendant.

Là je me relève, et je vais finir ma valise, préparer des affaires pour ma grandes. Il doit être pas loin de 4 h. Les contractions deviennent plus violentes, mais ne se rapprochent pas tellement.

5h, j’ai faim, je prends un petit déjeuner. J’essai de gérer les contractions mais je crie presque quand elles sont là. Je file donc prendre un bain. Pendant 1 h je reste dans l’eau, et au début ça calme l’intensité, mais très vite, ça redevient insupportable. Je sors donc de l’eau. Je suis toute fripée.

Je gère, je gère. J’attends surtout qu’il soit l’heure de déposer ma Clara au centre de loisirs afin de partir l’esprit tranquille.

Nous réveillons donc Clara ensemble avec chéri, elle s’étonne de me voir crier par moment. Les contractions reviennent toutes les 10 minutes environ.
Je tiens bon, chéri va déposer Clara, je l’attends en ondulant du bassin devant la porte avec mes valises.
Il arrive avec des pains au chocolat, je me goinfre une dernière fois et à 9h et quelque, on décolle.

3 tours de quartiers plus tard on est garé, on monte a l’étage, on sonne, on attend.
La porte s’ouvre après 5 minutes. Sophie l’infirmière nous ouvre (c’était déjà elle hier) et là je me retrouve sans mots. Elle me fixe et attends que j’en sorte un !
« Euh… Je crois que le travail a commencé ? », « Ok, suivez-moi ! »

Et hop, on nous installe dans une salle. Je demande a en changer car c’est celle ou j’étais la veille et je n’ai pas envie d’être dans la même (n’importe quoi me direz vous). Me voilà donc en salle jaune.

Après 15 minutes interminables ou je beugle pendant une contraction ou deux, Mylène, ma chère Mylène arrive ! Ce sera donc elle !! Elle me dit qu’elle est ravie de me voir, moi aussi. Et AIIIIIIEEEEUX contraction. Elles se rapprochent drôlement.

La elle me demande si je veux qu’elle m’examine maintenant ou plus tard. Je lui dis que je veux savoir où j’en suis maintenant !! J’ai tellement mal !!

Elle m’examine à 9h45. Je suis à 1 large ! Hein ? Quoi ? Pardon ? Tu te fous de ma gu…. !!!
Mais que mon col a encore ramolli (doit être sacrément mou dis donc alors !) et bébé plus bas encore (même chose). Bref, elle me console en me disant que le col est plus que favorable et le bébé bien comme il faut. Puis toute façon à terme + 1 jours, pas foule dans l’étage, elle me garde !

Ah mais t’façon moi je rentrais pas chez moi avec le mal de chien que j’ai hein !!!

Pendant l’heure qui suit, on reste seuls avec chéri. Sophie passe par la me poser un cathéter avec un bouchon dans le bras. Au cas où… Je lui demande si elle a pas un petit gaz de derrière les fagots pour m’aider à gérer la douleur ! Elle me dit « pas de problème » et elle me met même un méga shoot pendant la contraction suivante. Je pleurais et d’un coup j’éclate de rire !!

Mais en fait en dehors de ce shoot +, bah ça m’a pas fait rire longtemps.  Je suis monitorée et les contractions sont maintenant très régulières et assez intenses sur le papier millimétré !

Mylène revient vers 11h30. Je chiale comme un bébé, j’ai maaaaal. Elle m’examine après m’en avoir demandé l’autorisation, et là, elle me dit que je suis à 2 ! Hein mais quoiiiiiii !!!

Devant mon désespoir et l’intensité des contractions, Mylène me dit qu’elle ne voit aucun inconvénient à me poser la péri maintenant. J’accepte pendant la contraction suivante. Mais entre temps une autre maman m’a piqué mon anesthésiste. Donc j’ai encore du en supporter quelques une !

Puis enfin à 12h20, elle vient, me fait mal en me piquant, m’engueule parce que je bouge (déjà vécu avec Clara). Me mets une dose et se tire comme une voleuse. Pas un sourire mais m’en fout, bientôt j’ai plus mal !

La péri dans cette mater est très mini dosée. Donc je ressens toujours les contractions mais avec une sacrée  sourdine !  Il est 12 h 40, et enfin je peux me reposer un peu.

Mylène envoi chéri manger pendant ce temps là !

Elle revient à 14h, et me réexamine. Et là, pouf, je suis à 5 et la poche est bombée !!! Youpiiii !
Mais j’ai de nouveau mal (j’avais oublié qu’il fallait remettre des doses) donc Mylène me remets une seringue ! Ouf.

Elle repart. Je sens quand même les contractions très fort malgré la péri, elles dépassent le niveau du papier millimétré. Ca bosse dure.

Mylène revient un peu avant 16h. M’examine : Dilatation complète ! Poche pas loin de l’explosion.
Et bé ! Spa trop tôt !!
Elle me demande si je veux qu’elle perce la poche ou si on attend pour pousser. Je lui demande d’attendre un peu. J’ai tout fais seule jusque là alors qu’un déclanchement me pendait au nez. J’aimerai qu’elle perce toute seule.
Mais le temps avance et je pense à ma Clara. Si je veux qu’elle puisse venir nous voir avant la fin des visites, BB2 doit sortir avant 18h ! En plus je commence à fatiguer et j’ai faim !
Donc je le dis à Mylène, elle arrive dans 30 minutes et on pousse.

On y est, 16h15. Mylène me perce la poche et me demande quelle position je souhaite. J’en sais rien. Elle me propose donc sur le côté. Ok. Mais je me retrouve presque les fesses en l’air. Et je sens que ça pousse derrière, si vous voyez ce que je veux dire. Mylène s’occupe de ça discrètement mais alors moi ça me bloque complètement !

Puis je pousse avec le ventre, mais être à l’envers comme ça me perturbe, je perds mes forces et pousse mal. On repasse sur le dos, je le sens mieux.
Je sens tout, je sais donc quand pousser. Je m’accroche aux barrières du lit mais je fatigue.
Pourtant bébé est bas, il descend bien lui, mais moi je rame un peu. Je m’essouffle.

Au bout de plusieurs minutes de poussées, je perds pieds, le malaise. J’ai un voile devant les yeux, ma tête se serre, je n’arrive plus a respirer. J’hyper ventile. Mylène et Sophie me parle, me disent de respirer plus lentement, me mettent le masque à oxygène.  Je reprends mes esprits, je suis en position pour pousser, bébé veut et doit sortir.
Je recommence à pousser. Mylène et Sophie m’encouragent, me félicitent.

Puis elles me proposent de toucher la tête de bébé pendant la poussée, ce que je fais et qui est hyper émouvant ET très bizarre. Bébé est là dans mon vagin et je sens tout, ça bruuuule !

Et enfin, Mylène me dit d’arrêter de pousser, je sens sortir son bras, et enfin on me propose d’aller  le chercher, ce que je fais et je l’amène sur ma poitrine où il s’enfonce tout dodu qu’il est.

Il est 17h22, et mon fils vient de naitre. Louis.
Je le caresse, je pleure, chéri aussi. Je l’embrasse.

Il n’est pas très serein, il pleure car il a des glaires qui le gênent. On devra l’aspirer 2 fois avant qu’il s’apaise enfin. A 17h59, il rampe jusqu’au sein, je lui donne donc sa première tétée.

Et un sentiment étrange de plénitude m’envahit. Louis vient de faire de nous une famille. Nous sommes 4 désormais !

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Peu après sa naissance je suis allée rencontrer ce petit bonhomme et je vous en avais parlé ici!

Et sinon jusqu’à demain soir minuit y’a concours

4 commentaires

  1. madamezazaofmars

    Ah ces recits du Samedi, je les aime, mais ils commencent a m’ angoisser ;-)

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  2. chouquette

    qu’est ce que c’est émouvant ce récit. Et je me retrouve vachement dedans, surtout quand elle parle de la douleur.
    Mais la chose magique dans une naissance, tu peux souffrir à vouloir qu’on te sorte « ce machin du bide par n’importe quel moyen » mais une fois qu’il est là, poufffff, tout est oublié, et les larmes qui coulent sont des larmes de joies…

    Bienvenue à Louis.

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