Survivre à une séparation en 15 astuces

la familleVoilà presque un an que je suis séparée du père de mes enfants avec qui j’avais passé 19 années et demi…
Je me serai bien passée d’ailleurs de ces derniers mois mais il est toujours difficile de se séparer quand tout va bien alors il est plutôt sain que les choses deviennent plus rugueuses encore.

C’est pas rien de passer quasi 20 ans avec quelqu’un. Et le plus dur n’a pas été de pleurer un être mais davantage des habitudes et des idéaux. Ne plus vivre avec le père de ses enfants, ne plus m’inscrire dans ces jolies phrases ancrées bien malgré moi comme « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Oui la norme idéale acceptée du plus grand nombre est bien celle là. Les choses changent, doucement mais en tout cas dans ma tête ce n’était pas si simple.

En me retournant je peux dresser la liste de ce qui m’a aidé à passer le cap dans un ordre aléatoire.

  1. Partir en voyage seule
    Nous nous sommes séparés un peu avant les vacances d’été. Les enfants partant quelques jour avec leur père j’ai décidé de ne pas être là au moment du départ et de prendre les devants. Je suis partie deux jours seule à Bruxelles. Me retrouver dans une ville loin de mes repères m’a fait beaucoup de bien. Je me suis laissée porter par l’ambiance estivale au gré de mes pas et des mes photos. J’ai éprouvé pour la première fois cette notion de liberté. Je n’avais personne à qui dire que j’étais bien arrivée, aucune contrainte horaire. Le champ des possibles entièrement ouvert. Et puis cette fierté de pouvoir faire seule: de prendre un métro différent du mien, de pouvoir manger dans un resto, de parler avec des inconnus, de prendre du plaisir aussi.
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  2. m’inscrire sur des sites de rencontre
    J’ai de suite souscrit à un abonnement meetic qui m’a servi à rien car je n’ai pas du tout accroché avec ce site. N’importe quel mec sur terre pouvait venir me parler. Ils n’étaient pas tout canons et je me suis vite sentie envahie. J’ai préféré son petit frère tinder où l’on peut échanger qu’avec une personne dont l’envie est réciproque. Je n’ai aucun mal à rencontrer des gens et je fais confiance à mon instinct pour repérer les cas. Me perdre dans d’autres corps a été bénéfique pour moi. J’avais besoin de ça.  Et je reviendrai un jour peut être dessus mais les applications de rencontre ont ceci de positif c’est que ça peut aller vite!
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  3. m’abonner à netflix
    il a vite fallu occuper mon temps sans enfant. Il y a eu les sorties bien sur mais aussi tout un tas de moment où j’ai préféré rester sur mon canapé au chaud. Mon abonnement netflix a vraiment été parfait pour ça. Je me suis lancée dans les trois saisons d’orange is the new black et ça m’a fait beaucoup de bien.
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  4. annoncer la séparation sur les réseaux sociaux au plus grand nombre.
    L’idée m’est apparu comme une évidence quand la femme de ménage s’est mise à pleurer notre divorce dans mes bras. Je devais déjà porter ma propre peine et je n’avais aucune place pour celle des autres. Je ne me voyais pas annoncer à chaque nouvelle personne croisée mon nouveau statut et encore moins devoir me taper des banalités. Alors j’ai écrit sur mon blog. J’ai appuyé un peu vite sur le bouton publication mais je ne regrette en rien d’avoir fait ça. Croyez moi le malheur est viral et je n’ai reçu que des messages de soutien. Et puis tout le monde a vite été mis au courant.
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  5. anticiper les dates anniversaires.
    Ce qui est dur dans la première année, ce sont toutes les premières fois avec cette nouvelle organisation. Les premiers anniversaires des enfants, le mien, nos anniversaires de mariage, de rencontre… La fête des mère, Noël… Les larmes ne sont pas toujours prévisibles. J’ai pleuré à des moments que je n’avais pas vu venir. Et puis j’ai aussi anticipé un peu. J’ai pris sur un coup de tête un billet pour Londres au moment de nos 10 ans supposés de mariage.
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  6. boire.
    il faut être honnête l’alcool adoucit la vie. J’ai bu un peu plus que de raison au départ pour m’anesthésier et rendre mes soirées plus légères. J’ai souvent laissé couler les mots en buvant un verre de trop. Et puis bien heureusement avec le temps, j’ai limité et diminué naturellement ma consommation. Je sais combien cela aurait pu devenir une addiction… J’ai eu la chance de ne pas devenir dépendante et je sais que la frontière est faible.
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  7. contacter mes ex
    J’ai rapidement repris contact par hasard avec des ex et des amis d’avant. J’ai eu besoin de relativiser tout ce temps. 19 ans d’une vie ça me paraissait fou, et reprendre contact avec l’avant me permettait d’envisager un après.
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  8. mes amis et ma famille
    comment ne pas remercier ici tous ceux qui ont croisé ma route durant cette année. Ceux qui ont pris des novelles et les inconditionnels. Je ne citerai personne de peur d’en oublier. Merci aussi à ma famille qui a toujours été présente pour s’occuper avec bienveillance de mes enfants.
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  9. mes enfants
    ils m’ont tellement aidé.. Leur annoncer la séparation restera un des moments les plus éprouvants de ma vie. Et puis rapidement la vie a repris son cours. Ils avaient toujours un papa et une maman et ça ça ne changera pas. Ils ont remarqué que chacun de notre coté avec leur père nous reprenions du plaisir à écouter de la musique et sourire. Ils allaient bien. Quand un papa et une maman ne sont plus amoureux à quoi bon continuer à vivre ensemble. Se séparer c’est aussi leur montrer que l’amour et le bonheur ça peut aussi passer par des choix de vie difficile. Ils vont bien aujourd’hui, toujours.
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  10. refaire la déco
    une des premières choses que j’ai faites c’est acheter un fauteuil rose mais bien rose, le genre d’objet que mon ex n’aurait jamais validé. Je ne sais même pas si je le validerai moi même aujourd’hui mais il est là! Puis j’ai peint. J’ai changé le mur marron du salon en mur turquoise symbole d’évasion. J’ai inversé le sens des meubles et y ai trouvé plus d’harmonie et de lumière.
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  11. pleurer
    j’ai pleuré, beaucoup. Je n’ai jamais ravalé mes larmes et j’ai essayé d’être bienveillante avec moi en acceptant de ne pas être toujours forte. J’ai baissé les armes et accepté de l’aide. J’ai bien voulu ne plus être toujours super Manue et j’y ai pris même du plaisir. Avouer mes faiblesses a été parfois reposant. Me faire porter un peu par les bras des autres, je ne connaissais pas très bien. M’autoriser à parler de moi, de mes émotions a été plutôt positif. Et comment obtenir de l’aide si on en demande pas… Surtout quand on est forte aux yeux des autres…
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  12. voir un psy
    j’en voyais un avant et j’ai bien sûr poursuivi cette démarche. Mettre des mots sur les maux, avancer, toujours, accompagner ces nouvelles découvertes et ce chemin vers moi avec bienveillance. Je ne peux que le conseiller à tout le monde.
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  13. la junk food
    je me suis aussi consolée avec des maltesers et des pizzas soyons clairs, malheureusement c’est un plaisir fugace. Cela donne des boutons, et ne fait pas du bien au moral le lendemain. Cela est finalement beaucoup moins efficace que le running. Mais là encore pratiquons la bienveillance, chaque chose en son temps…
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  14. me rapprocher d’autres célibataires
    quand on vient de se séparer côtoyer des couples n’est pas une chose très simple. On est l’incarnation vivante que tout peut s’arrêter un jour… Je me suis alors, naturellement rapprochée des mamans solos qui avaient quelques mois de plus que moi de séparation. On sait entre nous par où on passe et l’entraide est précieuse.
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  15. Mon ex
    je pense que nous avons quasiment été aussi parfaits que possible dans cette séparation. Nous avons tous deux pris les chemins que nous avons pu pour changer nos vies. Cela est bien sûr passé par de la colère, de la tristesse, de l’acceptation mais toujours du respect et de l’intelligence..
    Et quoi de plus rassurant en somme que ce dessin mis par ma fille sur le frigo découvert par hasard ce matin.
    J’y vois deux maisons réunies par un coeur ( et une toile d’araignée? une couronne? ) mais toujours une famille!
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15 commentaires

  1. Cahuma

    Tes mots me parlent plus que beaucoup d’autres… J’ai beaucoup commenté tes articles depuis 1 an, pour une multitude de raison mais surtout parce que nous sommes là, parce que ces moments ne sont pas simple, le chemin est chaotique et la présence irremplaçable même si elle ne peut être que virtuelle. Chacune de tes étapes est obligatoire et les traverser en étant en accord avec soi même malgré la douleur est bénéfique en tout cas ça l’a été pour moi aussi… J’ai appris à apprécier un bon verre de vin sans en faire une obligation, à profiter de tout avec modération ou pas mais toujours en accord avec celle que je voulais être. 4 ans après, je ne regrette rien, je suis celle que je voulais trouver avec ses forces et surtout ses faiblesses qui finalement son aussi des forces (merci à ma psy).
    Mes zozos sont heureux et équilibrés, ils savent que nous seront toujours là tout des deux et que nous les élevons ensemble… c’est notre histoire d’amour qui a pris fin, notre histoire de parents sera toujours présente et bienveillante même si nos.vies évoluent.
    Ma petite Manon a fait un dessin qui nous réunissait, il y a 2 ans que j’ai gardé précieusement…
    Merci pour cette article, pour ta franchise, pour la bienveillance que tes mots portent !!!

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  2. Jess

    Tout est tellement transposable à mon histoire, jusqu au dessin sur le frigo fait par mon fils de 6 ans : 2 maisons une avec des cœurs a l’intérieur et l’autre avec un gros cœur et « maman » dessine » a l’intérieur

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  3. Géraldine

    Merci pour ce bel article… divorcée depuis fin janvier avec une petite louloute de 3 ans et demi je me reconnais sur beaucoup de point… ça peut paraître égoïste mais ça fait du bien… nous, femmes, nous sommes fortes et courageuse alors continuons d’aller de l’avant même si en effet beaucoup de larmes ont coulé…! Merci <3

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    • Madame Parle

      mais tant mieux si ca fait du bien c’est pour ca que j’écris!!!

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  4. Elo

    Je continue à être la, même si j ai pris bcp de distance mais sache que
    j admire toujours autant ta force, j aimerai tellement en trouver autant ! Comme je dis souvent, Avant de retrouver le chemin il faut accepter de savoir se perdre ! Des bisous.

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  5. Chauvel

    Juste sublimement bien écrit… Et tellement vrai… Superposable a tant d’histoires…. La sienne, la leur… La mienne…

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  6. othilie

    C’est drôle on réagit à peu près pareil pour les ruptures (sauf pour l’alcool je n’en bois pas et les enfants je n’en ai pas, enfin pas à moi) quelque soit la durée de la relation (19 ans!) . Ce besoin de se retrouver soi est nécessaire et salutaire je pense. Je vous souhaite plein de bonnes choses que ce soit une nouvelle relation ou pas ce qui compte c’est vous ;)

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  7. Isa-monblogdemaman

    Et c’est là que je vois que je suis une fille plutôt lisse car je ne garderais que 3/astuces : le psy, Netflix et le running. Et les AMIES virtuelles ou pas

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  8. Anthony

    Sympa, honnête et instructif, ce petit inventaire. Je pense que beaucoup de celles et ceux qui sont passé(e)s par là doivent s’y retrouver.

    Au fait, sur le dessin, moi je vois une tour Eiffel qui vous réunit… ça semblerait logique, non ? ;)

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