Comment gérer les commentaires jugeants sur les réseaux sociaux?

social mediaLe Monde d’aujourd’hui est fondé sur l’image et l’apparence. Tout doit aller vite, le moins de maux possible. on switch, on zappe, on like, on swipe… Moins de mots. Moins de sens. Informations pré mâchées, anxiogènes de préférence. On ne vérifie pas ses sources, pas le temps, on relaye, on partage.

Et à coté de ça, il y a toujours des gens et des maux. Des âmes seules face à leurs peurs qui n’ont pas eu le temps de l’exprimer au bon moment.
Alors les choses se décalent.
Un statut ambigu, une polémique piquante et c’est l’occasion de laisser sortir enfin ces angoisses.
Il y a celui qui lit et commente et celui qui écrit.

J’ai très régulièrement des conversations avec mes enfants au sujet des réseaux sociaux. Comme beaucoup de leur génération, ils passent du temps sur youtube. Je leur ai ainsi parlé de mon expérience.
Il y a un peu plus d’un an j’ai réalisé une vidéo intitulée « snapchat pour les nuls« .  Elle a été beaucoup vue.
Qui dit exposition, dit multiplication des sources de commentaires. Il y a eu ceux qui critiquent le physique, ceux qui se sentent agressés par le titre, ceux qui critiquent la voix, et même ceux qui ne croyaient pas que j’avais réellement 22 ans (le second degré n’est pas donné à tout le monde). Il y a aussi bien sûr, tous ceux qui ont trouvé la vidéo enrichissante. Peu importe.
Je sais que dans ce cadre là, je ne suis qu’une image, un miroir sur lequel on peut projeter ses envies, ses désirs, ses frustrations, ses émotions. J’ai pu expliquer à mes enfants que je ne connaissais pas ces gens et que surtout, eux ne me connaissaient pas. Ce n’est pas moi qu’ils jugent mais ils parlent d’eux. L’important est ailleurs auprès de ceux qui nous connaissent réellement.

Quand j’écris ici ou sur les réseaux sociaux, je le fais avec ce que je suis.
Je parle de moi, mes émotions, mon ressenti face aux évènements, mes sens. Je ne le fais qu’au travers du prisme de ma vie, en lien avec mon éducation, ma culture, mes expériences.
Ceux qui me lisent en font de même.
Et lorsqu’ils commentent ils en font de même.
Nous ne parlons bien souvent que de nous.

Pour vous donner un autre exemple, j’ai récemment publié une vidéo sur instagram en parlant de leur algorithme bipolaire. Le réseau social a changé sa façon de diffuser les photos, elles ne sont plus chronologiques mais en lien avec des savants calculs qui changent au gré des volontés de big brother.
Une personne m’a interpelée en privé, sur le terme « bipolaire ». Elle critiquait l’utilisation de celui-ci et le trouvait inappropriée. J’aurais pu me sentir mal d’être critiquée, jugée par ses propos, blessée de ne pas être aimée, ruminer.. Mais forte de ma connaissance sur les êtres humains, je lui ai dit que j’imaginais bien qu’elle me parlait d’elle et de son rapport sans doute compliqué avec cette maladie. Bingo. Je ne suis pas sure qu’elle aie apprécié le retour en boomerang de son geste. Elle était sans doute même pas consciente de cette douleur qui débordait. Mais moi je n’ai pas souffert de son intervention. C’est son histoire, pas la mienne.

Souvent si on prend le temps de la pause après un commentaire qui nous touche et qu’on prend le temps de demander à l’autre ce qui se passe pour lui, on se rend compte, qu’il fait allusion à sa propre expérience et ses propres angoisses. Certains sujets sont très polémiques, notamment dans le domaine de la petite enfance: l’allaitement, l’éducation, les couches.. Mais ces sujets disent quoi de nous? Ils parlent de notre propre éducation qu’on n’a pas remis en question, ou de nos convictions profondes en lien avec nos valeurs. Nous sommes actuellement dans une société protectrice où tout devient cancérigène, ce que l’on mange, ce que l’on se met sur le visage. Tout doit être controlé, alors, on observe un retour à l’authenticité, la simplicité. On doit laisser ses poils s’exprimer, ses cheveux blancs voler au vent, limiter ses déchets. Tout ce qui est bon aujourd’hui sera critiqué demain. On nous somme même d’être heureux: « be happy » comme le dernier thème du forum de psychologie magazine.

Comment ne pas se laisser embarquer par toutes ces masses d’informations, de réactions, ces vies des autres? Une des pistes pourrait être de se connaitre. Quelles sont vos valeurs profondes, celles qui vous donnent envie de vous lever le matin, et qui donnent un sens à vos vies?  Que voudriez-vous que l’on retienne de vous sur cette Terre? Que disent vos émotions? Pour le faire il y plusieurs pistes possibles, la méditation, la thérapie et bien sûr aussi le coaching.

Bon, mais alors faut il continuer à écrire sur les réseaux sociaux?
Comment limiter les jugements?
Tout d’abord il est important pour celui qui écrit de parler de lui, d’utiliser le « je » ça évitera que les autres se sentent jugés et pointés du doigt. Prendre le temps d’essayer de comprendre ce qui nous touche au lieu de refiler la patate chaude ni vu ni connu à quelqu’un d’autre.
Et puis ensuite à la lecture d’un commentaire jugeant s’assurer d’avoir sa casquette « blogueur », « émetteur d’information » ou tout autre titre qui vous aide à comprendre que ce n’est pas vous qu’on touche personnellement, mais ce que l’autre pense de lui et de son Monde à lui ,au travers de vous. Prendre le temps de la réflexion et passer son chemin ou interroger l’autre sur la raison profonde qui le pousse à écrire cela… Ca peut aussi être une question du type « mais qu’attends tu de moi » bien souvent les gens se défileront derrière « non rien laisse tomber je donnais juste mon avis, je suis comme ça moi » . Ils prennent alors conscience qu’il ne s’agissait que de parler d’eux. Grace à vous, ils ont alors pu sortir un peu de leurs émotions tues. Celles là même qu’on ne prend pas le temps d’exprimer au bon moment dans ce monde qui va vite.

Et comme disait Gandhi « soyez le changement que vous voudriez pour le monde ».

 

 

3 commentaires

  1. Louisianne

    Excellent article. J’aime votre recul par rapport à ces commentaires. Je me souviens d’avoir appris en stage de communication  » si quelqu’un est agressif sans raison envers vous, c’est SON problème « . Cela m’avait soulagée, l’agressivité me bloquait. Quand vous dîtes : c’est son histoire pas la mienne, nous oublions pourtant souvent cette évidence.

    Répondre
    • Madame Parle

      il faut savoir dépasser sa propre émotion en miroir avec celle de la personne et ce n’est pas simple.. Merci pur ton commentaire!

      Répondre

Déposer un commentaire

  • (will not be published)