Aime-t-on son enfant dès la première seconde?

Je me souviens de cette première nuit après mon accouchement. Je le regardais là posé dans son berceau au bout de mon lit et je me demandais ce qu’il m’arrivait. Qui était ce bébé là. Avais je envie de ce changement de vie? Avais je envie de l’aimer lui? Seule dans cette chambre après toute l’émotion d’un accouchement. Seule avec cette chute d’hormone, ce ventre vide et ce petit couffin plein…Je me souviendrais longtemps de ce sentiment, ces minutes à attendre que la magie opère et que je me sente mère.

Je me souviens à nouveau de cette première nuit après mon deuxième accouchement. De nouveau le doute. Que lui avais-je fait? A lui mon premier bébé tant choyé. Avais-je envie de partager mon amour entre deux enfants? Le pouvais-je vraiment? Encore cette peur…

Pour mes deux accouchements je ne suis pas tombée raide dingue de mes bébés dès les premiers instants.

J’ai eu envie de fuir.

De tout effacer et de continuer ma vie d’avant.

Futiles moments.

Profondeur de l’angoisse.

Vertige des sentiments.

Puis petit à petit je les ai aimé, doucement puis éperdument.

J’ai touché du doigt la douleur de ces femmes qui cherchent mais ne trouvent pas la force en elle d’aimer leur propre enfant.

Ce mélange de promesse du lendemain et de douleur de l’au revoir.

J’avais envie de témoigner et de vous raconter que la naissance n’est pas qu’une image d’Épinal auréolée d’étoiles à paillettes.

14 commentaires

  1. soma

    La naissance semble être un moment où on réalise que tout va changer….
    Pour ma part, je la regardais avec une certaine magie, ne comprenant qu’à moitié que ma vie venait d’être bouleversée. Puis on fait nos 1ers pas dans la vie (elle commençant sa vie, moi en tant que mère) ensemble, on se découvre… et on s’aime :)

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  2. lexou

    on a toutes des ressentis différents, pour crevette je me suis sentie mère dès que j’ai fait la première écho, je n’avais qu’une hâte l’avoir dans mes bras tout de suite, et lors de notre rencontre je suis tombée tout de suite sous le charme de mon bébé, mais toutes les femmes ne vivent pas ce moment de la même manière, à chacune de trouver sa place à son rythme!

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  3. Fleur d'Ô

    Oui le reportage d’hier a surement chamboulé beaucoup d’entre nous qui avons touché ce sentiment bizarre que la maternité n’est pas si fantastique que ça dés les premières secondes…
    Ma première c’etait ce sentiment d’amour qui m’est tombé dessus que je n’arrivais pas à comprendre et à gérer… Et le deuxieme, ne pas gerer l’image de la maman parfaite avec 2 enfants ( comme ma mere ).
    Mais ça s’apprend, faut pas paniquer, etre patient, etre bien entourée et accepter que l’on ne peut pas etre parfaite.
    On s’en sort bien toutes, non? ;-)

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  4. cleanettte

    Oui je me demande bien pourquoi on continue à véhiculer cette image d’épinal. Pour la cartésienne que je suis, il était parfaitement logique de peut-être ne jamais connaitre cet amour irraisonné pour ses enfants. Il y a tellement de paramètre qui rentrent en ligne de compte. Je m’attendais donc à aimer simplement mon bébé en tant que petit être désiré, enfant à élever et pour lequel je m’engageais à faire de mon mieux. Ce fut d’ailleurs ainsi pendant quelque mois et puis au fur et à mesure que son caractère se révélait, qu’il me demandait de me dépasser pour devenir la mère dont il avait besoin, l’amour raisonné est devenu amour viscéral.
    Bizarrement pour ma puce ce fut différent elle a su me charmer dès les premières minutes mais elle semble avoir toujours besoin de réactiver le charme. Elle y parvient très bien mais alors qu’elle est adorable, c’est comme si mon amour ne lui été jamais définitivement acquis.

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  5. icietmaintenant

    pourquoi est ce que je me sens toujours tellement differentes des autres mamans, pourquoi est ce que ca m’est arrivée a moi.
    quand on m’a tendu mon bebe (qui a ete desiré) j’ai pensé « qu’est ce que c’est ca » « qu’est ce que je suis supposée faire maintenant ». le retour a la maison n’a pas été mieux: je ne pouvais pas le regarder, pas le prendre dans mes bras. ensuite j’ai ete jalouse de lui qui me volait l’amour de MON mari.
    Maintenant tout ca est du passé, je suis une maman qui aime et choie son petit, une maman qui a le coeur qui se serre lorsqu’elle le voit vasciller de peur qu’il ne tombe . mais tout cela grace a une aide exterieure, car seule je n’y serais pas arrivée. Mais la blessure reste la, et la peur que ca recommence si j’ai un second enfant.

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    • pinkdew

      Ce commentaire date maintenant, mais il me touche bcp, moi qui accouche dans un mois…
      Toutes ces peurs difficilement avouables à un tiers…Cela me rassure de ne pas être un cas isolé…Tellement peur d’être jalouse d’elle.
      Merci pour ce témoignage.

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  6. LMO

    Merci pour ce récit!
    Autant pour Mouflette, l’amour m’a frappé de plein fouet à sa naissance.
    Autant pour MissCouette, si je l’ai aimé très vite, elle m’a semblé être une inconnue pendant plusieurs mois.

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  7. ces doux moments

    J’ai eu des accouchements très différents mais je me souviens que j’ai vraiment ressenti très fort ce qu’on appelle l’amour maternel dans les deux cas . J’ai dormi avec mon fils la première nuit. Quant à ma fille,elle s’est tout de suite collée à mon sein et est restée près de moi. Mais je sais que mon amour maternel a grandi au fil du temps. On ne nait aps maman on le devient ça c’est sur!

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  8. Miss Chaussette

    Je me pose beaucoup la question pour bébé 2…
    Il est désiré. Nous avons choisi d’avoir cet enfant. Mais ce n’est pas comme pour ma fille, que j’aimais avant même sa conception tellement mon désir d’enfant était fort.
    Pour bébé 2, nous avons décidé de le mettre « en route » parce que, nous en voulons 2 ou 3 et que nous ne voulons pas qu’ils aient trop d’écart d’âge. Disons que le faire ce bébé, était beaucoup plus « cérébral » que pour ma fille.
    Et c’est vrai que ça me fait pas mal culpabiliser. J’ai envie de cet enfant. Parce que de toutes façons je ne me vois pas qu’avec un enfant… Mais ma fille nous a tellement comblés que je n’ai pas le même besoin viscéral de ce second enfant. (même là en écrivant, je me trouve horrible).
    Bref, alors forcément… Autant quand ma fille est née, je l’ai aimée dès la première seconde. Je l’aimais déjà bien avant de la concevoir. Autant, cette fois, je suis à 2 mois de l’accouchement (enfin… peut-être qu’un s’il suit le chemin de sa soeur) et je ne suis absolument pas prête. Rien n’est prêt pour l’accueillir, les vêtements ne sont pas triés, la chambre n’est pas rangée… Je ne suis pas vraiment rentrée dans cette grossesse. Alors arriverais-je à entrer dans mon rôle de maman ?
    J’avoue que si je ne l’aime pas dès la première seconde, je vais avoir très très peur.

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