Bombasse inside en otage dans une carapace

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Mon rapport à ce machin qu’on appelle mon corps n’a jamais été très simple. Des évènements de la vie m’ont distancé de lui et il était bien plus aisé pour moi de faire sans. De régimes en régimes pour faire plaisir aux autres il a tout gardé en mémoire lui.

Moi à l’intérieur je suis une bombasse.

Et puis le temps, les grossesses, la vie.

Je me suis construite une enveloppe douillette, rembourrée pour atténuer les chocs.

Il y a des dommages collatéraux. Parfois tu te retrouves observatrice de toi même. Ca pète ta carapace et tu pleures. Tu ne comprends pas ce qui t’arrive, comment tu as pu en arriver là. Tu culpabilises car souvent tu es forte dans ce domaine là. Tu t’excuses un peu d’exister.

Et puis vient le moment où tu ne rentres plus dans un chiffre, une taille. Tu n’es d’ailleurs plus qu’un chiffre. De toutes façons ton corps il n’est plus là alors tu regardes cet écran avec incompréhension, il parle de toi? Non de ton armure juste. C’est lourd une armure. L’été des fois tu veux mettre des robes et tes cuisses elles frottent. C’est de ta faute toute façon alors t’encaisses. Tu peux avoir mal à en chialer mais tu l’as bien cherché. Parfois ton souffle te manque. Parfois tu te cognes. Tu te croises au détour d’un miroir et tu fermes les yeux. Des photos défilent et tu souffres. Tu es toujours cette bombasse à l’intérieur et ton corps il prend de la place. La place que tu n’arrives pas à prendre avec juste ce que tu es. Mais qui es tu d’ailleurs?

Une otage dans une armure.

Le chemin de l’acceptation est long. Mon parcours continu. Il ne passe pas par des régimes mais pour moi par une psychothérapie. Il a fallu comprendre qui je suis. J’entends par là, faire le tri entre les angoisses familiales et mes propres envies. Ecouter mes émotions et me reconnecter avec ce corps. Moi. Et puis aussi de la rééducation. Remettre de la simplicité dans tous les aliments, dédiaboliser. Apprendre à m’écouter. Entendre et découvrir mes sensations de faim, de satiété. Accepter la colère, la tristesse, le stress et les sentir. Ne plus les étouffer et les enrober de sucre. Les affronter à en souffrir.

Mais être tellement vivante.

Je continue d’avancer chaque jour un peu plus à l’aise, un peu plus proche de cette bombasse inside.

J’ai hâte de ne faire plus qu’une et je reste confiante, forte de tout ce chemin parcouru!

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photos creative commons malias

 

 

 

13 commentaires

  1. PetitDiable

    Quel billet touchant…Je te souhaite de trouver la paix et de vivre en harminue avec toi-même, quelque soit ton poids!

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  2. Charlotte

    Oui quel billet ! J’adore car je m’y retrouve complètement. Enfin je te souhaite que du bonheur dans cette quête au bien être.

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  3. FoxyMama

    Joli billet, je pense que nous sommes nombreuses à posséder un corps physique différent de notre corps psychique. Ouvrir les yeux ce n’est pas facile, c’est même difficile tous les jours. Je te souhaite de tout coeur de laisser choir ta carapace pour révéler la bombasse (une bombasse n,’est d’ailleurs pas obligée d’être mince et ferme, tout est dans l’attitude) bises

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  4. La Nature et moi

    Merci pour ce billet plein de sincérité et de franchise ! Je te souhaite une bonne continuation sur le chemin de l’acceptation de soi, ne lâches pas surtout ! Bises

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  5. cesdouxmomentsleblog

    pas facile de gérer tout ça .je comprends ce mélange de culpabilité et d’envie de s’accepter. Le corps de la femme est un amant capricieux qui joue un peu avec nos nerfs car il évolue tout au long de notre vie.

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  6. michel

    Quel style ! magnifique !
    Et pourtant, on n’oublie pas le fond, émouvant et tellement réel.
    Je n’ai jamais lu d’introspection aussi lucide écrite dans un style aussi enlevé, à la fois incisif et léger.
    Bravo et merci

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