Comme une idée du bonheur

italieElle ouvrit les yeux, gênée par ce rayon de soleil qui inondait la pièce, promesse d’un nouveau jour. Elle mis quelques instants à rassembler ses esprits. Tout allait si vite dans sa vie ces derniers temps, comme si tous ces petits cailloux tombés de ses poches à force de larmes et de mots libéraient son Etre. Elle était comme ces ballons que l’on lâche et qui s’envole enfin, libres.
Au loin, la ville commençait à s’agiter. Les voix devenaient de plus en plus fortes et enjouées.
Elle se souvint.
L’Italie sur un coup de tête.
Elle avait l’envie et lui le permis.
Le matin elle avait embrassé ses enfants en s’assurant de ne pas avoir oublié le gouter de la petite, de vérifier les traces de chocolat sur les lèvres du grand tout en signant le mot dans le cahier oublié. Elle les avait serré fort et s’était enivrée une dernière fois d’eux.  Cela faisait deux ans que sa vie était en alternance.
Elle était tour à tour à la recherche de la femme en devenir et maman à plein temps. Une semaine où la seule nécessité était que le vin blanc soit bien au frais et une autre où il fallait faire le plein de nourritures saines et biobio acceptable.
Lui, était rentré dans sa vie à petits pas.
Depuis deux ans elle collectionnait les rendez -vous d’un soir, d’une heure. Elle avait bien tenté de reconstruire sa vie en deux clics. Elle avait l’illusion de croire qu’elle pourrait choisir toutes les options. Il aurait entre 39 et 41 ans, serait grand, beau avec des enfants et à moins de 2 kilomètres de chez elle. Elle hésitait encore sur le prénom. Elle avait mis du temps à s’avouer qu’elle avait surtout pas envie de s’investir avec un autre. Toute une partie d’elle avait été mise en jachère et elle avait beaucoup à faire pour tailler ce diamant qu’elle devinait en elle.
Lui était arrivé sans clic, sans swipe à droite et sans mode d’emploi mettant à mal ses croyances.
Il rentrait pas dans les cases.
Un jour elle avait entendu un frémissement dans son coeur. Elle avait pris conscience qu’il était encore là lui, bien vivant. Il était tapis dans l’ombre réduit au silence par l’appel plus fort du vagin. Le sexe avant les sentiments. Elle avait eu besoin de ça, une overdose de corps à la recherche du sien.
Petit à petit au fur et à mesure des rencontres avec lui elle s’était mise à sourire de plus en plus à ses cotés et à regretter les au revoir. Il était pas prévu. Elle avais mis du temps à l’accepter et casser les cases trop raisonnables.
Les signes sont pour ceux qui veulent les voir. Ils en collectionnaient certains. Mais la vie si mystérieuse qu’elle soit est insistante pour les évidences.
Il était là, endormi à ses cotés.
Elle le regardait, encore étonnée de ces détours inattendus. Elle qui, il y a quelques temps à peine était paralysée chaque soir à l’idée de revivre sans cesse la même journée, était là.
La veille, ils avaient pris la route, la leur.
Ils avaient passé beaucoup de temps à parler de leurs vies, leurs envies, tellement vivants.

 

8 commentaires

  1. Nathalie

    Quel joie de lire ce billet! Ce n’est pas de la fiction, ce n’est pas de la fiction, ce n’est pas de la fiction!

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