De la souffrance à la résilience

trois ilets

La vie est souvent une boucle. J’aime revenir aux mêmes endroits quand ils sont chargés d’histoire.
La mienne.
Il y a bientôt 4 ans, nous devions aller en Martinique avec les enfants et leur père.
Nous avions tout réservé.
Et nous nous sommes séparés un peu avant.
J’ai eu mal.
Mal à mes enfants, par dessus tout.
Dans mes pires cauchemars et mes rêves de petite fille, la séparation ne faisait pas partie des plans. Sans être pour autant une princesse, j’avais dans mes veines les happy end.
Mais la vie est toute autre parfois.
Nous nous sommes retrouvés tous les trois dans l’avion avec une place vide, sans métaphore, aucune.
La séparation était une bonne chose. Une logique. Des chemins qui ont bifurqué, des envies différentes, des aspirations fluctuantes. Mais la logique n’a empêché la peine.
19 années d’habitude, de repères.
Mais quelle incroyable chance d’être triste au soleil, sur des plages paradisiaques, entourée d’amis.
Je me souviens avec émotion de ces doux soirs, où l’on regardait le coucher de soleil avant de rentrer dans notre maison prendre des apéros. Je me souviens des épisodes d’orange is the new black avalés pour m’abrutir. Je me souviens de la violence de ce tarif de famille, pour deux adultes achetés un enfant gratuit..
La double peine, célibataire et deux fois plus chers.
Je me souviens aussi de ces photos surexposées sans y prêter attention. Essayer de pousser les couleurs comme pour cacher les pleurs. Je me souviens avoir pété mon appareil photo et m’être dit, c’est comme ça, une douleur en plus ou en moins…

Et puis le temps fait son oeuvre.
Il adoucit les peines, sèche les larmes.
J’ai toujours su que c’était la meilleure solution et n’ai jamais eu l’once d’un regret. Pour les enfants ça a été sans appel: papa et maman ne sont plus amoureux. Les premières briques de nouvelles fondations.
Un nouvel équilibre retrouvé.
Tout le monde va bien et depuis longtemps maintenant.

Depuis quelques mois j’ai eu envie de soleil en hiver, de chaleur et de douceur.
La Martinique s’est à nouveau imposée à moi.
Tout s’est aligné quand je me suis décidée.
Nous avons même été surclassé dans la chambre.
Je n’ai pas fait exprès, mais nous étions juste à coté de la même plage qu’il y a 4 ans.
J’y ai emmené mes enfants bien évidemment.
J’y suis aussi allée seule au soleil couchant.
J’ai retrouvé cette lumière dorée si particulière.
Je me suis revue si mal.
Je me suis sentie si bien.
Des projets plein la tête.
Et puis cette joie tellement immense d’avoir pu emmener mes enfants là.
Par la force de mon travail, par mon infinie envie de vivre.
J’ai remercié cette Terre qui avait accueilli mes larmes.
Cette plage sera à jamais chère à mon coeur, lieu de mes souffrances et de mes résiliences.

 

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