Et demain la 6ème

mon filsHier mon tout petit rentrait en CP.
Nous y étions allés à 4 mains les deux siennes et les deux miennes agrippées pour ne pas avoir peur. Ou peut être au contraire pour se conforter dans l’idée que la grande école était terrorisante: un nouvel environnement, des nouveaux copains, des apprentissages, plus de jeux, plus de toboggan dans la cour.
Une autre séparation, un autre cordon à couper. Dans le préau j’avais repéré son nom sur la liste de Monsieur B. Je lui ai dit que je l’avais choisi pour lui. Il avait interêt à être gentil et être à la hauteur de mes promesses magiques. Quand la cloche a sonné et que les parents ont été sommé de partir mon chérubin , la chaire de ma chaire s’est mis à paniquer. Alors je ne l’ai pas lâché et j’ai négocié encore un peu plus de marches parcourues à ses cotés. Devant la classe de CP, j’ai hésité à m’asseoir l’air de rien et mettre mes cahiers dans ma case.
Monsieur B, n’était plus magicien et a fermé la porte. Je ne sais plus trop qui retenait qui en fin de compte. Mon fils a passé la seule heure de sa vie dans le bureau du directeur pour se calmer. Je rêvais qu’il m’appelle le midi pour me donner des nouvelles.  Je me souviens avoir été effondrée. Je suis arrivée en pleurs au travail, n’arrivant point à me concentrer.

Hier mon tout petit rentrait au CP.
Cette nuit il a survolé la primaire en un éclair de poussière.
Les années ont défilé à la vitesse de la lumière.
Il n’a plus eu d’entrevue chez le directeur, a survécu aux exigences des uns et des autres haut la main.

Hier mon tout petit rentrait au CP.
Demain, la 6ème.
Demain???
Mais comment est-ce possible qu’en un claquement de doigts nous en soyons déjà là?
Demain il aura sa trott’, son portable en poche, ses potes, son sac à dos et sa mère plus loin.
Demain, nous n’irons pas à quatre mains au collège, je ne l’embrasserai pas devant la porte, je ne lui ferai pas de petit coeur au creux du poignet.
Demain, e resterai tout bas, là bas.
J’aurais sans doute un petit pincement au coeur, une petite appréhension, un vol de papillons dans le bidon.
Mais je le sais fort, indépendant, mature et épanoui.
Et puis par dessus tout il a envie!

Alors, en avant, roulez jeunesse, accrochez la queue du Mickey, quelque chose me dit que les turbulences de l’adolescence ne sont pas loin!
A moi les pieds qui puent, le frigo qui se vide, les poils qui poussent, l’acné, le rire gras.
Voyons le coté positif ça va swinguer!

Le récit de l’entrée au CP est là… c’était aussi un 4 septembre tiens…

 

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