Les familles monoparentales en France, vers davantage de reconnaissance

adult-cute-daughter-701014J’ai été invitée à participer à une table ronde avec Marlène Schiappa au sujet des familles monoparentales. Le style se voulait informel et était formidablement orchestré par la maitresse de cérémonie Leslie Sawicka, ceo de Mayane communication. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans les locaux de paroles de mamans à Levallois. Tout est calme avant. Et puis arrive la sécurité, le directeur de cabinet, les journalistes, les représentants de la mairie en la personne d’Isabelle Balkany. Puis, la ministre. J’ai tellement l’impression de la connaitre Marlène que je lui ai serré la main en disant « salut »… Le protocole et moi c’est pas vraiment ça!

Cet évènement correspondait au lancement d’une grande enquête qui sera menée par l’observatoire des temps et de la parentalité dans l’entreprise (OTE). Son président fondateur, Jérome Ballarin a pris la parole pour présenter ce projet. Il y aura une première phase de recensement auprès de leur réseau sur les pratiques existantes, une phase d’analyse des actions pour en juger la pertinence et enfin la phase de restitution dans un an. Dès le début le questionnement s’est posé sur l’entreprise. Qu’en sera-t-il des indépendants et des familles sans emploi? Mais je ne peux que saluer la volonté de madame la ministre que de vouloir dresser un état des lieux sur les familles monoparentales en France.
Il s’agit à 85% des cas, de femmes et 35% d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté.

Les témoignages de femmes se sont succédés. Les situations sont compliquées et ont un grand coût psychologique. Comment continuer d’avancer dans sa carrière quand on est le pilier de la famille? Comment se soigner quand on est seule avec ses enfants? Comment ne pas frôler la précarité ou être dans la précarité, quand les démarches juridiques sont onéreuses? Comment se loger avec un seul salaire comme garanti? Comment avoir une vie sexuelle, une vie amoureuse quand les enfants sont tout le temps là?

Les problématiques sont multiples.
Toutes s’accordent à parler de la grande solitude qui les envahit. Une femme seule aujourd’hui est bien souvent vue comme une prédatrice qui risque de destabiliser les couples. Après une séparation, les amitiés d’autre fois ne sont plus toujours. Avec la tête dans le guidon il est difficile de penser à se faire aider. Et puis vers qui aller? Quand dégager du temps pour le faire?

Je suis maman solo. Mais, en garde alternée. Je me suis sentie chanceuse et privilégiée d’entretenir de bons rapports avec le père de mes enfants. Les choses ne sont pas forcément si faciles. Mais je sais que nous avons fait le bon choix. Et quoi qu’il arrive au bout du compte une séparation est toujours positive. Comment continuer à vivre avec quelqu’un que l’on n’aime plus ou qui ne vous aime plus? Nos enfants ne sont pas dupes. Alors oui, ils auront longtemps le regret d’avoir leurs deux parents réunis et croyez moi mon coeur saigne quand mes enfants m’en parlent. Mais je ne regrette pas nos choix aussi durs qu’ils ont été. J’ai confiance en l’avenir et j’aime même énormément mon présent. Je suis ravie que le gouvernement envisage d’améliorer encore plus mon quotidien. J’avoue qu’un accès simplifié au logement m’aiderait à vivre pleinement ma reconversion.
Je pense surtout à toutes ces femmes qui n’ont pas la force du positif et qui sont dans des situations inextricables. Quelques heures de garde d’enfant, des démarches simplifiées, une aide judiciaire accessible..
J’ai pour projet de créer des groupes de soutiens notamment pour ces mamans là. Je ne sais pas encore ou ni quand. Mais pourquoi ne pas pouvoir accéder aux locaux municipaux le week end? Utiliser une salle de crèche ou un préau d’école comme lieu ressource serait un engagement fort de nos politiques. Et puis les ateliers sur la parentalité en entreprise permettraient aussi d’aider ces hommes et ces femmes. Les entreprises de demain devront participer activement à favoriser la conciliation vie privée vie professionnelle. Le temps est aujourd’hui révolu du tout noir et du tout blanc. Nous ne sommes qu’une seule et même personne. Les problèmes ne restent bien souvent pas devant la porte de nos entreprises et la charge mentale ne se cloisonne pas.
Libérons la parole, acceptons l’autre dans sa diversité!

Au commencement, il y a de l’espoir.
Nous en sommes là.
Nous comptons sur vous Madame La Ministre!

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Photo by Josh Willink from Pexels

3 commentaires

  1. JD

    Bonjour,
    Je suis entièrement d’accord avec vous, mais voilà cela ne va encore être possible que pour les femmes.
    Nous les hommes nous ne pourrons pas avoir accès à ça, car non prioritaires.
    JD

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  2. Dumartin

    En fait,ici c’est réservé aux femmes,filles,girls,women,parce que les hommes n’ont jamais de réponse.
    C’est madame parle,pas monsieur.
    Et c’est très nombrilic comme blog.
    Cf Dutronc: 700000000 de etc et moi et moi et moiiiiii.

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    • Madame Parle

      Bonjour, il ne me semble pas avoir lu de question de votre part?

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