La rue de mon enfance

J’ai vécu une vingtaine d’années dans le même quartier.

J’y ai vécu d’abord avec mes parents au 4ème étage d’un immeuble avant de pouvoir prendre mon indépendance au 7ème, que de chemin et de marches parcourues ! Puis un jour le grand saut, je suis partie. Nous avons emménagé avec mon homme. Un peu plus loin dans une autre ville.  Les années passent et au hasard de la vie nous revenons dans ce même quartier. Un quartier populaire qui a changé au gré du temps. Les boutiques de kebab ont remplacé celles des maraîchers de saison, celles de téléphonie ont remplacé celles des petits artisans. Les bassines en plastiques inondent les trottoirs, les bouibouis se comptent par dizaine.  Aujourd’hui je me suis baladée et je suis passée par « ma rue de quand j’étais petite ». Elle n’a rien d’exceptionnel. Une banale rue de Paris, avec des travaux comme beaucoup d’autres. Elle n’a pas de charme, mais chaque parcelle évoque en moi un souvenir. Je me revois enfant avec ma mère parlant avec une voisine devant cet immeuble, ou encore à cet angle attendant une amie pour aller enfin seule à l’école. Je revois ces marches ou je m’arrêtais adolescente pour critiquer les profs, un peu, et parler des garçons, beaucoup et puis ce magasin devant lequel je retrouvai mon homme le soir, cette cabine téléphonique dans laquelle j’appelai mes amies avant que les portables arrivent enfin ! 

A chaque fois que j’empreinte cette rue je retrouve des anciennes têtes. La dernière fois je suis tombée sur la maman des enfants que je gardais quand j’étais adolescente. Quoi de neuf ? L’une a changé de métier, l’autre en a un, l’une s’est remariée, l’autre mariée, l’une a 2 enfants et l’autre son premier…

Cet après midi je suis à nouveau passée dans ma rue. 

Il était 17h. Et c’est là que tout à coup je l’ai vu là de l’autre coté du trottoir. Il avait la même silhouette sportive sans en faire. Grand, les cheveux toujours aussi épais mais marqués par la poussière du temps qui passe. La même sacoche en cuir marron qui doit contenir toujours les mêmes documents tout aussi importants qu’avant. Les mêmes lunettes. Le même manteau noir. Le même costume impeccable tombant parfaitement sur les mêmes chaussures cirées. De longues années je l’ai croisé. Je descendais vers mon lycée et je le voyais au loin, je le croisais, lui disais « bonjour, bonne journée » et nous continuions nos routes, lui vers le métro et moi vers mes cours. Le soir de la même façon je rentrai chez moi en remontant la rue et lui rentrait chez lui en la descendant. Ce rituel a duré de longues années jusqu’à ce que je déménage.

Et là je l’ai revu.

Je suis revenue dans le même espace temps, j’ai récupéré un peu de l’histoire de ma rue j’ai pu saisir le poids des années qui passent tout en appréciant leur stabilité rassurante.  

Ca vous est déjà arrivé à vous aussi de recroiser votre passé au hasard d’une rue?

6 commentaires

  1. Béatrice

    J’ai si souvent déménagé que c’est parfois difficile de retourner dans les endroits où j’ai vécu « petite » …

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  2. daisy

    Coucou,
    curieuse de nature j’ai suivi le lien de ce commentaire très agréable dans ma ptite buelle!
    trentenaire,marié et des poussins….j’connais!
    Au club des trentenaire je suis depuis peu….mais j’y suis!
    Ton blog est très frais,très agréable(c’est un premium c’est bien ça???)En tt cas j’a do re!!
    Tu mer fais rire quand tu écris ,tu me fais penser un peu à moi….tu crois que c’est l’âge??
    Où alors les enfants…..et le mari….ouais parce qu’entre nous les gosses et le mari ca donne des idées digne d’une v rai desperate,et côté sarcasme ca balance grave!
    Je vais te mettre ds mes lien comme ca je suis sur de pas te perdre!
    Ton article est très beau je trouve!
    J’ai bcp déménagé moi également ,je suis à 80 borne de chez mes parents où j’ai grandit,ca m’fait bcp de marches tu vois!!!!!
    Je suis repassé devant notre premier appart à chouchou et moi!
    Malheureusement il m’est arrivé la même chose que toi mais ds des circonstance bien plus tragique,à la perte de mon oncle mais le sentiment était bien là,des images ,des souvenirs et des odeurs!
    As tu jamais remarquer à quel point certaines odeurs peuvent nous rappeler des moments de notre vie!
    Bon je vais me promener un peu chez toi
    a bientôt

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  3. Celle qui parle de sa vie!

    @Béatrice: ah oui c’est sur moi je ne suis pas une grande aventurière, je ne déménage que dans un périmètre de 10km en gros…

    @daisy: ah oui c’est sur qu’avec des enfants et un mec on a vite des points communs :)
    Pour les odeurs c’est marrant que tu me dises ca car je me suis fait la reflexion hier en sentant un truc devant l’aszenseur qui m’a propulsé quelques années en arrière!

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  4. Nanette

    J’ai recroisé mon passé l’année dernière. Ca m’a fait un drôle de choc et je me suis posée beaucoup de questions…
    Le passé c’était mon premier amour du collège. Et puis on en a ri tous les deux en se disant que c’était troublant mais très beau de se revoir.
    Et j’ai su que j’étais prête à me marier…

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  5. Gaëlle

    Bah moi c’est facebook ma madeleine :-) Incroyable le nombre de gens que j’ai pu retrouver sur ce truc. Ma première meilleure copine de cp, on s’est revues, c’était super. Des gens du collège, du lycée, de la fac. Bon j’ai pas revu tout le monde parce qu’après tout si on se voyait plus c’est peut-être aussi pour une bonne raison :-) Mais bon des fois c’est sympa, les vieilles photos de classes, les anecdotes débiles, apprendre que celui là pour qui tu aurais vendu ta mère à l’époque est marié (ou pas !), avec enfants, ou pire, toujours avec la même fille qui te l’avait piqué, la s… !
    Parce qu’en fait dans la réalité je retourne très rarement là où j’ai vécu, du coup FB ça marche aussi comme « coin de ma rue ».

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