L’amour est le sens

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J’ai jamais aimé les départs et tout ce qui va avec. Je repousse mes valises au tout dernier moment. Meilleure technique pour ressentir le stress encore plus fort. Je n’aime pas dire au revoir. Je n’aime pas les instants qui précèdent la porte qui se ferme . Et si j’avais oublié quelque chose ? C’est le moment ou je mets tout et n’importe quoi compulsivement dans mon sac « au cas ou ». Une barrette, un autre livre que je n’ouvrirai pas, un carnet pour y coucher mes pensées en 15 volumes et que sais je encore…
Je sais que j’ai pris cette angoisse à ma mère. Il n’y avait pas un départ en vacances ou mes parents ne se disputaient pas.
Je sais qu’il y a eu des départs sans retour.

Des au revoir qui n’ont jamais eu lieu.

Des larmes cristallisées. De la douleur enkystée.
A moi. A elle et sans doute même à ma lignée.

Ma fille vient de partir en colo. Pour 10 jours.
Mon bébé.
Si petit et pourtant déjà tellement grande.
Elle est mon maitre. Sa valise est prête depuis une semaine. Elle y a mis ses affaires préférées de chez son papa et celles d’ici. Elle a même fait son sandwich. Elle part. Heureuse et déterminée.

Elle sait.

J’ai sans doute réussi ce que j’aimerais. Elle a confiance en elle. Elle a toujours tout. Le reste n’est que superficiel.
Tel l’alchimiste, nul besoin de parcourir le monde et d’avoir peur de se perdre.

Tout est là. Toujours.

Et tout ca ne réside pas dans une valise, une malle, un camion de 36 tonnes.
Mais chaque départ ravive les séparations à vif.
Ce paradis perdu que nous n’atteindrons jamais, celui de la fusion.
Mais nous sommes sur Terre. La dualité fait partie de notre monde. Tout n’est pas blanc ou noir. Tout n’est pas joie ou tristesse. Notre Monde est tout en nuance.

Nous ne connaitrions pas la joie des retrouvailles sans la tristesse des départs, la beauté d’un soleil qui se lève sans l’obscurité de la nuit, la sérénité du ciel bleu sans la peur de la tempête.
Alors ce matin j’ai pris ma fille dans mes bras. Je lui ai dit ma tristesse de son départ les larmes coulant sur mes joues et le sourire aux lèvres de la savoir heureuse de partir.
Elle m’a demandé si mon mascara était waterproof.
La vie est toute en nuances. Le nier c’est se perdre. Vouloir être le gentil de l’histoire, c’est donner de l’importance aux méchants, souhaiter ne pas souffrir jamais, c’est minimiser la puissance de la joie qui jaillit après la douleur. Cacher ses larmes c’est enfermer ses rires, contraindre sa peur c’est étouffer son amour.

 

L’amour est le sens.

L’amour de soi, des autres, de ce Monde.

L’amour de nos obscurités et de nos lumières.
Je vous souhaite cet amour dès maintenant.

 

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