Osez la reconversion: de chef de pub à assistante maternelle!

pexels-photo-730807

Osez la reconversion, ma nouvelle rubrique inspirante et vivifiante.
Cette semaine c’est au tour de Sandrine de nous raconter son parcours. Je connais cette bombasse pétillante et hypra active depuis mes débuts de blogging, elle tient le blog maman@home. Ce nom est un peu comme un signe puisqu’aujourd’hui elle est maman à la maison mais aussi assistante maternelle.

*******

Quel était ton métier avant ?

J’ai longtemps été Chef de Publicité en agence de communication puis les deux dernières années (avant ma reconversion) je suis allée bosser du côté de l’annonceur et suis devenue Responsable de la Communication.

Tu avais fait quelles études ?

Un BAC éco (ça s’appelle ES maintenant, B à mon époque), un BTS Action Commerciale pensant vouloir travailler rapidement et j’ai finalement enchainé avec une école de commerce, option marketing/publicité, 3 ans.

Te souviens tu pourquoi tu avais choisi ce chemin là ?

J’ai choisi un cursus assez général parce que justement je n’avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire. Ado je voulais être professeur d’anglais mais j’ai vite changé d’avis en voyant la galère que c’était d’être prof, j’ai très bien fait puisque aujourd’hui c’est encore pire. Puis en école de commerce mon prof de publicité m’a totalement subjuguée et passionnée, j’avais trouvé ce que je voulais faire : travailler en agence.  Je me délectais de l’émission Culture Pub et de tout ce qui faisait l’envers d’une publicité, c’est comme ça que je me suis retrouvée à bosser en tant que chargée de projet dans une boîte qui faisait des jeux et promotions par téléphone, puis enfin en agence : le graal. Là j’ai travaillé pour de nombreuses marques mais mon client principal était une marque d’alcool. Une fois que j’ai quitté Paris, j’ai trouvé une agence sur Montpellier avec comme gros compte à gérer une marque de nourriture pour chien. J’ai vraiment adoré ce métier surtout que j’ai appris dans une petite agence alors j’ai pu toucher un peu à tout même au suivi de fabrication, le pied total.

Quand as tu commencé à douter ?

J’ai commencé à douter suite à mon divorce qui m’a pas mal ébranlée, j’ai dû faire le deuil de mon couple mais surtout celui de ma famille. Rien n’avait plus trop de sens sinon la vie de mon fils de 3 ans. J’ai fait une dépression, j’ai été en arrêt maladie 3 mois et quand je suis revenue je n’ai pas retrouvé ma place. Une stagiaire que j’avais formée avait repris pas mal de mon taf avec mon supérieur qui était fou d’elle tant elle avait besoin de lui pour apprendre, j’étais bien trop autonome à ses yeux (il avait mal à son égo le pauvre). Bref j’ai commencé à avoir des doutes sur l’intérêt de ma place dans cette boite et plus largement dans ce boulot.

Te souviens tu d’un moment précis où tu t’es dit « je ne suis plus à ma place ? ».

C’est à cette période précise que je me suis dit que je n’étais plus à ma place « A quoi bon me faire des noeuds au cerveau et travailler dans un stress permanent, juste pour des histoires de croquettes ? J’ai quitté cette boîte pour un poste de Responsable de la communication parce que la comm j’avais ça dans la peau malgré tout. Et puis j’ai pensé que ce serait moins stressant du côté annonceur. Ce qui fut un peu vrai mais un truc s’était cassé, je ne trouvais vraiment plus de sens à tout ce que je faisais la journée et j’avais l’impression de passer à côté de mes gosses à rentrer tard et payer une nana qui faisait le lien entre la fin de l’école et mon retour. Ca a encore duré 2 ans.

Qu’as tu ressenti à ce moment là ?

J’ai fini par me taper une lombalgie aigüe avec 4 mois d’arrêt et rééducation en hôpital de jour pendant 3 semaines. Tu connais l’expression « en avoir plein le dos »? Je crois que c’est ce que mon corps me hurlait. J’ai culpabilisé, comme à mon habitude et puis j’ai fini par lâcher prise et écouter mon corps en acceptant ce qui se passait au lieu de lutter contre et j’ai commencé à réfléchir à ce que je voulais vraiment et j’ai quitté mon job.

Te souviens tu d’une rencontre déterminante ?

Non pas de rencontre déterminante du tout, j’ai par contre mis bout à bout mes expériences professionnelles avec les souvenirs que j’avais de mes différents boss et certains collègues et j’ai compris que je ne voulais pas devenir comme eux. 

Quelles étaient tes nouvelles priorités ?

Tout « simplement » trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie de famille. Arrêter d’avoir l’impression de mal faire les deux, de culpabiliser et stresser sans arrêt. Et surtout de faire un boulot qui me nourrisse, avoir l’impression de servir à quelque chose et plus de brasser du vent.

Que fais tu aujourd’hui ?

Je suis Assistante Maternelle depuis un peu plus de 3 ans maintenant, j’accueille 3 enfants, entre 0 et 3 ans chez moi et je suis enchantée d’avoir changé de vie.

Est ce qu’en y pensant tout ça n’a t-il pas un sens et n’est que la réalisation de ce à quoi tu aspirais avant ?

Alors ça a un sens oui c’est indéniable, travailler dans le monde de la petite enfance a du sens, on est là pour aider au mieux des enfants à grandir et s’épanouir c’est carrément jouissif de leur faire découvrir des choses ou de les voir faire leurs premiers pas chez vous et s’émerveiller. Mais je n’avais jamais aspiré à ça avant, pas du tout. J’ai d’ailleurs étonné toute ma famille en faisant ce choix.

Que ressens tu quand tu te lèves le matin ?

En toute franchise  j’ai une grande envie de prolonger un peu mon temps de sommeil (!!!) mais plus sérieusement je suis contente de commencer une nouvelle journée et je n’ai plus jamais la boule que j’avais au ventre tous les dimanches en fin d’après-midi, ni même la rage une veille de rentrée, jamais.

As tu trouvé un nouveau sens à ta vie ?

Complètement, je me sens utile aussi bien avec les enfants que j’accueille qu’avec mes propres enfants que je peux voir un peu plus, le mercredi notamment. Je sens que je fais quelque chose d’important, je ne suis plus dans le futile. Mais attention je n’ai pas choisi ce métier pour m’occuper de MES enfants, ils ne sont pas là le midi et ne rentrent qu’en fin de journée, même le plus jeune reste à l’école jusqu’à 18h-18h30. Je mets un point d’honneur à travailler comme si j’étais au bureau et ça ils l’ont bien compris. Quand je prends le temps de jouer ou de faire des devoirs avec mes enfants c’est que les autres, mes petits patrons comme j’aime à les appeler, font la sieste !

Qu’as tu perdu en changeant d’orientation ?

Pendant 2 ans environ j’ai perdu en salaire clairement, 1/4 de mon revenu environ mais après 3 ans je suis retombée sur mes pattes. Je choisis mieux mes contrats.

Qu’as tu gagné ?

De la sérénité. Plus de bouchon en voiture matin et soir et ça c’est énorme. Plus de « vite vite vite je dois partir chercher mon fils à l’école ou au centre de loisirs», « vite hop là préparer la bouffe pour le lendemain soir ou au moins cuire les légumes, vite allez hop on se dépêche les devoirs et on mange » et j’en passe… enfin je crois qu’on connaît toutes ça quand on rentre du boulot. Malheureusement il n’y a encore que peu de papas qui partagent cette seconde journée comme certaines l’appellent. Plus de patron chiant qui ne comprend rien à rien mais qui veut malgré tout imposer son idée non plus et ça, ça vaut de l’or, avec mes petits patrons aujourd’hui on s’amuse, on chante et on rit. 

De quoi es tu plus riche aujourd’hui ?

Je suis bien plus calme je ne sais pas si cela peut répondre à ta question mais c’est loin d’être anodin me connaissant. J’étais tout le temps speed et énervée je suis bien plus posée et patiente aujourd’hui. Je crois que ça ne fait pas de mal à mon corps tout ça mine de rien.

Qu’apportes tu aux autres ?

Sur le plan professionnel je dirais ma bonne humeur, ma bienveillance, mon expérience de la petite enfance et puis mon grain de folie que je peux exprimer pour le plus grand plaisir de mes petits patrons. Quant à ma famille je pense que ma sérénité et mon bien être les ont eux aussi apaisés. Tout est devenu bien moins électrique à la maison, même si ça l’est encore parfois il ne faut pas rêver !

Que ressens tu en y pensant ?

Je sais que j’ai pris la bonne décision même si peu de gens autour de moi étaient prêts à parier sur cette reconversion. J’aime m’occuper des enfants que j’accueille, jouer et chanter avec eux. Je n’ai jamais autant souri et ri que depuis que je fais ce métier. 

Si tu avais un conseil à donner à ceux qui songent à la reconversion quel serait il ?

D’écouter cette petite voix qui leur dit « stop, j’en ai marre, je ne peux plus ». Inutile de se déglinguer la santé (physique/mentale) pour du boulot. En parler à son conjoint pour avoir son soutien et son accord (dans mon cas il était indispensable puisque je bosse avec des enfants chez NOUS). Puis anticiper financièrement parce que partir la fleur au fusil c’est flippant et il me semble qu’on est davantage enclin à changer de vie quand on sait qu’on n’a pas d’épée de Damoclès au dessus de la tête. Ca peut parfois être long une reconversion et les factures n’attendent pas.

**********

Si la reconversion vous titille et que vous ne savez pas par où commencer, le coaching peut être le premier petit pas vers soi: venez découvrir mon travail de coach!

Pour découvrir les autres épisodes « osez la reconversion »
de la finance à la chambre d’hôte
de la politique à la méditation
de contrôleur financier à maitresse

Et si vous avez envie de nous le raconter faites moi signe je vous enverrai les questions!

Déposer un commentaire

  • (will not be published)