La pleine conscience comme secret du bonheur

pont de ParisLa pleine conscience, l’ici et le maintenant, le saint Graal qui serait la clé de notre bien être (naitre?). Tal Ben Shahar dans la conférence à laquelle j’ai assisté énonçait que les gens les plus épanouis savent savourer ces moments là.

Nos sociétés nous poussent sans cesse dans des courses folles.
Il faut aller vite au travail, tirer les leçons des évènements passés, gérer le présent, planifier et faire avancer les futurs projets.
Tout à la fois, nous devons penser à la machine que l’on a oublié de lancer, aux impôts à payer, aux pantalons troués du petit dernier, au contrôle de math de l’ainé.
Et puis ces injonctions perpétuelles qui nous envahissent et nous influencent en permanence. Il faut être heureux, manger du bio, du local, il faut être épanoui dans son couple, ne pas hausser le ton avec ses enfants, être une bonne collègue, une amie fidèle.
Il faut donner, il faut aimer, il faut être généreux.
Les médias nous percutent en permanence à coup de, ce pays, cette ville est dangereuse, l’Autre peut être un ennemi, on veut nous empoisonner, les politiques sont des pourris, tremblons tous…

Comment survivre à ces injonctions paradoxales?
Comment être tout à la fois heureux dans un pays des plus dangereux?
Comment ne pas avoir envie de partir sur une île déserte à l’autre bout du Monde, loin de tout réseau?

Et si vous vous demandiez quel était le moment le plus heureux de votre vie,  le dernier, celui qui vous a procuré le plus d’émotion positive, que me répondriez vous?
Certains me parleront d’un voyage extra ordinaire, d’autre de la naissance de leur enfant, d’une réussite à un examen, d’une promotion, du jour de leur mariage.
Nous nous fabriquons des souvenirs sur des moments prescrits comme source intense de bonheur. Mais combien de fois ces évènements reviennent-ils au coeur de nos vies?
Et quand le voyage que vous rêviez tant est passé, que votre mariage est terminé, que vos enfants sont grands et que vous avez atteint votre rythme de croisière professionnellement, que vous reste-t-il?
Où trouver ce fameux bonheur, cet épanouissement loin de ce monde angoissant?

Le bonheur peut aussi résider dans des petits détails que l’on ne voit plus, perdus dans cette course folle.
Mais après quoi courrons nous?
Se dépêcher de quoi?
Mourir plus vite?
A ressasser le passé et courir sans cesse vers un avenir inatteignable nous en oublions le présent, celui-là même où est notre vie.
Alors nous pouvons être plongés dans une nostalgie permanente parce que nous n’avons fait que survoler ces moments en attendant les suivants.

Mais comment se concentrer sur ce qui se passe ici et maintenant?
Ouvrons nos sens, respirons ces parfums dans l’air, observons ces petits détails que l’on ne voit même plus, goûtons ces mets simples comme si c’était la première fois, touchons ce monde qui nous entoure, les pierres, les arbres, les autres.
Ecoutons ce que nous dit notre corps à ce moment là.
Laissons la joie nous envahir, accueillons la tristesse, acceptons nos colères. Je ne suis pas un sourire, je ne suis pas des larmes, je ne suis pas agressive mais je ressens ça à ce moment là, et ça va passer.

Vendredi dernier, je me suis levée pleine d’énergie positive.
J’ai passé des bons moments au travail lors d’entretiens, en rigolant avec mes collègues, en organisant des projets motivants.
Je suis allée diner avec mon ami. Il avait un peu de retard. Alors je me suis assise au pied de la statue au métro Odéon.
J’ai regardé les gens.
Il y avait ces quatre filles là heureuses de se retrouver, qui se sont serrées fort dans les bras en souriant.
Il y avait cette femme apprêtée qui attendait fébrilement en regardant sa montre, et puis cet homme qui l’a rejoint éclairant alors son visage.
Il y avait cet homme qui lisait son livre, et puis ses yeux qui pétillent à l’arrivée de sa petite amie.
Il y avait ces copains qui rigolaient forts.
Il y a avait ces collègues aux discussions conventionnels.
Il y avait même ce pervers qui m’a proposé ses services me voyant attendre…
Je me suis nourrie de toutes ces émotions et je me suis sentie heureuse de ces amours et ces joies là.
Avec mon ami nous avons refait le monde comme à notre habitude en dégustant une poutine.
La météo était douce ce soir là.
Nous avons décidé de marcher dans ce Paris que j’aime tant.
Nous avons longé la Seine en admirant ses ponts illuminés. Notre Dame, majestueuse, l’ile saint Louis et ses maisons aux vieilles pierres chargées d’histoire, ces appartements aux poutres apparentes témoins d’Hommes.
Nous nous sommes quittés à Bastille.
En entrant dans le métro, j’ai entendu au loin les accords d’Hallelujah de Jeff Buckley. Je me suis approchée et je me suis laissée bercer par cet homme et sa guitare. Les notes m’ont entouré d’un bien être incroyable. Il y avait cette fille qui est venue chanter avec lui. J’ai vu leurs sourires réunis par la musique, leurs deux voix s’harmonisant parfaitement. J’ai remercié la vie de me permettre de saisir ces moments là. J’ai vu tous ces gens pressés qui filaient vers un ailleurs. Moi je suis restée là un bon moment profitant pleinement de cette magie ambiante. La fille est partie avec son ami, ils m’ont saluée tels des amis heureux de ce bon moment partagé. Le musicien m’a demandé mon prénom et m’a chanté les yeux revolvers me faisant ainsi sourire. J’avais même pas le visage pâle ni les cheveux en arrière. Je suis partie prendre mon métro le coeur léger.
La soirée aurait pu s’arrêter là, mais même pas, le hasard invente et colorie parfois.
Je n’ai rien fait de fou, rien qui m’a couté, rien d’inaccessible.
J’ai utilisé ce que j’étais et l’ai mis au service de ce Monde là.
J’ai accepté de voir mon ami, de prendre le temps de flâner, d’envoyer un message.
Et ce vendredi était une vraie jolie journée!
Je l’ai serré fort et lui ai jeté des sorts pour en vivre d’autres
encore!

 

 

4 commentaires

  1. Les Petites M

    C’est très doux ce que tu écris, comme toi. La vie simple et jolie c’est tous les jours, je me gorge de tous ces bonheurs saisissables, la dernière blague en voiture tous les 5 ce matin avant d’aller au boulot, le jaune lumineux du ciré de ma voisine de métro, le calme de l’open space et le bruit de la pluie à l’instant même… Des bises et des milliers de journées comme vendredi dernier!
    A bientôt,
    Marion

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  2. maman@home

    Je m’inscris complètement là dedans depuis quelques temps déjà, je trouve ça bien plus agréable de sourire de toutes ces petites choses plutôt que d’être nostalgique de moments passés ou de se sentir frustrée de ne pas vivre de grandes aventures en partant en voyages par exemple. J’ai appris à me satisfaire de ce que j’ai. J’ai fait le choix, il y a 3 ans, de gagner moins bien ma vie financièrement et ce n’est pas toujours facile mais aussi de gagner en temps, en petits bonheurs, en calme et douceur de vivre, terminé (ou presque) les « vite, vite, vite » et le stress qui m’habitait au boulot à tout devoir faire pour la veille ou l’avant veille. Avoir le temps de se poser ça n’a pas de prix. Et tu nous l’as très bien décrit dans ce beau texte Manue.

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  3. Eloise

    L ancrage PNL d une émotion en lien ac la connexion ac ma fille.
    Que je retrouve à la demande ac joie.

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