Quand le temps et la douleur jouent contre la volonté d’accoucher naturellement

Aurélie Mauborgne

Bon allez j’ai essayé de me bouger pour vous programmer un récit d’accouchement ca fait tellement longtemps. Je sais que vous êtes nombreuses à aimer les lire et j’ai beaucoup de joie à savoir qu’en plus ça vous sert!

Cette semaine je laisse la place à Aurélie et la naissance de son fils. .

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La naissance de Timothée

Malgré un arrêt de travail dès le 4ème mois de grossesse et la consigne ferme d’éviter tout surmenage, j’ai vécu une grossesse facile et sans complication. Je suis même contre toutes attentes presque arrivée au terme !

J’ai lu beaucoup de récits d’accouchement et, plus j’en apprenais sur le sujet, plus j’étais sûre de vouloir un accouchement naturel. Un élément important dans cette décision a été la lecture d’un livre formidable « Le guide la naissance naturelle : retrouver le pouvoir de son corps  » par Ina May Gaskin.

Très vite mon choix s’est porté sur une maison de naissance où je savais que je trouverai l’accompagnement souhaité.

5 jours avant mon accouchement, mercredi dans la nuit, j’ai ressenti pour la première fois des contractions douloureuses qui m’ont empêchée de fermer l’œil. Comme elles n’étaient pas régulières,  je savais que le travail n’avait pas commencé.

Le lendemain j’ai commencé à perdre le bouchon muqueux… Très bien, les choses se mettaient en place, c’était pour bientôt !

Les jours qui suivent (surtout les nuits !) sont entrecoupés d’épisodes de contractions plus ou moins douloureuses et  de forts maux de dos.

Le dimanche 27 avril au matin, je me réveille avec une petite diarrhée. Je ressens une lourdeur dans le bas-ventre toute la journée et j’ai encore bien mal au dos le soir… En allant me coucher, je contracte de façon irrégulière depuis 22h.

A partir de 2h, les contractions se sont rapprochées et sont régulières toutes les 5 minutes. A 4h, c’est le moment où, selon les conseils entendus, je devrais me rendre à la maternité… Mais comme ce n’est pas encore vraiment douloureux et que je suis bien dans mon lit (en vraie grosse dormeuse, je m’étais juré de ne pas partir à la maternité en pleine nuit !), j’attends encore un peu. A 5h, les contractions viennent régulièrement toutes les 4 minutes depuis 1h. Je décide de prendre deux spasfons et un bain pour voir comment les choses évoluent… Ça se calme, je suis assez déçue… Mais tout reprend de plus belle peu après et un second bain à 8h ne change cette fois plus rien. Direction la maternité !

On décolle à 9h et nous arrivons à 9h30.

Montiring, verdict : le travail a effectivement débuté ! Par contre je ne suis qu’à 1cm de dilatation… On me conseille de marcher un peu, de manger et de revenir plus tard, ce que je fais.

Nouveau monitoring à 12h : le travail n’a pas vraiment progressé…

Je monte dans ma chambre. Là, je passe beaucoup de temps sur un ballon, ça soulage bien. A chaque contraction, j’ai très mal au dos et mon chéri me masse. Heureusement qu’il est là !

Ça devient plus douloureux. Je prends une longue douche bien chaude, c’est génial ! Par contre après j’ai l’impression d’être revenue en arrière, les contractions sont plus espacée et moins fortes… La dilatation progresse désespérément lentement.

La nuit avance, je commence à vraiment souffrir, mais d’après le sage-femme, il est trop tôt pour partir en salle de travail (à ce stade il a cessé de me donner le taux de dilatation pour ne pas me décourager…), et je suis mieux dans la chambre pour gérer les contractions et me reposer entre deux.  Je respire lentement pendant les douleurs et, si je suis bien concentrée, elles sont supportables.

Les contractions sont de plus en plus rapprochées avec un répit qui me semble chaque fois plus court. Arrive le moment où je n’arrive plus du tout à me relaxer pendant ce temps, je suis épuisée (il est très tard, peut-être 2h ? j’ai perdu la notion du temps) et j’ai la nausée. La douleur devient insupportable. On m’administre un calmant en perfusion, le soulagement est immédiat. J’arrive à dormir entre les contractions, mais chacune me fait me réveiller en hurlant ! Puis je n’en peux plus, j’ai l’impression qu’il n’y a plus de pause du tout. Prise d’une nausée plus violente que les autres, je vomis.

Enfin on me descend en salle de travail ! La douleur est intense, je pousse des cris très graves pendant les contractions.

Je vais dans la baignoire, ça fait vraiment du bien… La douleur est toujours très forte mais devient plus supportable. La lumière est très tamisée, je suis seule avec mon chéri et le sage-femme, tout est parfait.

Puis je sors du bain, je m’installe sur le grand lit au sol. Sur les suggestions du sage-femme, j’essaie diverses positions : couchée, sur le côté (là c’est trop douloureux), accroupie, à quatre pattes appuyée sur le ballon… demi-couchée contre mon chéri… lui assure, il me masse à chaque contraction, suit les indications du sage-femme et me tire, me pousse, me soutient quand il le faut…

Fin de la nuit, début du matin ? Je pousse pendant je ne sais pas combien de temps… A chaque fois je change de position…

Le bébé ne sort pas, il est coincé dans le bassin.

On fait venir le médecin. D’un coup je me retrouve sur le lit d’accouchement, en blouse, entourée d’une équipe médicale impressionnante et submergée de lumière. On me pose une rachianesthésie.

Je suis sur le dos, je n’ai plus de conscience du bas de mon corps, je ne sais plus quoi faire pour pousser. Je suis sensée ne rien sentir, pourtant la douleur me semble bien plus forte maintenant qu’elle ne l’a été pendant tout le reste du travail. Episiotomie. Ventouse, sans succès. Forceps.

9h31, on pose mon bébé contre mon ventre, brièvement. Le cordon est coupé, mon bébé frictionné et emporté pour examens. Je suis sonnée, je ne réalise pas ce qu’il vient de se passer…

Le médecin appuie sur mon ventre pour expulser le placenta, ça fait mal ! Je l’engueule mais il reste implacable. Il me recoud.

Enfin on ramène mon bébé, il est là, tout contre moi, en peau à peau… Nous nous retrouvons seuls. Je suis épuisée, je n’ai plus la force de le prendre dans mes bras et il faut m’aider pour le positionner contre mon sein. Il tète. Il est si beau, parfait.

On reste là tous les trois. Magique.

 

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