Mon expérience des régimes

 

Ca y est, le mercure recommence son ascension et le soleil rallonge ses soirées! Les bourgeons ne vont pas tarder à pointer, les jupes réapparaitre, les amoureux se bécoter sur les bancs publics…et les régmes fleurir nos magazines!

Je vais essayer de profiter des derniers instants que me procure cette parenthèse de vie. La grossesse a au moins  ce mérite là, on sort des rangs. Pendant 9 mois la mode ne nous atteint plus ou de loin. Les premiers mois on tente de se raccrocher à des habits classiques mais dès que le bidon devient tout rond on rentre dans une autre catégorie. Petit à petit la seule qualité que nous allons demander à une fringue c’est d’etre pratique et élastique, confortable et mettable!

Puis l’accouchement, l’allaitement.

Autant on aura adorer mouler ce ventre plein de vie autant là…il faudra le cacher, le faire disparaitre tout comme ces kilos…

Le combat reprendra alors.

Combat contre moi-même, ma famille, la société…

Les régimes je connais, on me les a fait connaitre tôt. Dans mon souvenir 8 ans. Je devais m’éloigner de la ligne médiane du carnet de santé. Ma mère ayant eu une mère forte a développé une peur maladive de grossir, fuire à tout prix cette image de modèle qui ne lui plaisait pas. Elle a rapidement fait l’amalgame entre minceur et bonheur…Il n’ya bien que la rime qui relie ces deux mots.

Evidemment elle a voulu faire profiter à sa fille de ce bonheur…quel malheur…

Ces régimes m’ont fait grossir. Ces régimes m’ont fait connaitre la gloire et la fierté de perdre du poids pour moi et dans les yeux de mes parents mais aussi la honte, le desespoir de la rechute…

Ces régimes m’ont fait diaboliser certains aliments. Le nutella par exemple. Mes frères avaient pour leur goûter des tartines de pain de mie recouvertes de nutella pendant que je devais me contenter d’une pomme. Longtemps en évoquant ce souvenir les larmes me sont montées aux yeux. Sentiment d’injustice de ne pas être comme tout le monde…Dès que je le pouvais , enfin seule je compensais et je ne prenais alors pas seulement une tartine. Les soirs de régime, je prenais mon plateau repas devant la télé seule alors que mes parents et mes deux frères mangeaient ensemble un autre menu.

Je ne connais pas mon corps, ses limites. Il n’est qu’une enveloppe qui tour à tour me protège car épaisse ou me rend vulnérable si plus fine…

Alors contrairement à ce que j’ai pu écrire dans l’article précédent je vais profiter de ces derniers instants ou mon corps a un sens, celui de porter et donner la vie…

6 commentaires

  1. Mademoiselle Dentelle

    J’ai été très émue par ce que tu dis. Moi aussi je connais ça, les régimes, la fierté, puis la honte…
    Bon bin… profite ! :) (je crois bien que c’est la première fois que je dis ça à une femme enceinte tellement j’ai détesté être enceinte moi-même :) )

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  2. Laet

    Ma puce. Je comprends et j’ai la gorge serrée d’imaginer cette petite fille se sentir complètement seule et desemparée. Je n’ai pas ce vécu, mais je serais a tes côtés comme la dernière fois pour rentrer le ventre et vaincre les kilos (au moins un peu)

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  3. Elo

    Tant de finesse dans tes mots, tes émotions, dans l’écoute de tes amies… Tu es jolie au fait aussi bien dedans que dehors!

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