Ne suis-je qu’un poids?

Si tu me suis depuis quelques temps déjà tu sais que ma balance et moi nous sommes fachées.

Enfin c’est presque plus vrai finalement.

Après avoir passé les 32 premières années de ma vie à perdre du poids avec succès si on ne tient compte que des phases de régime, j’ai décidé de tout arrêter.

J’ai pris conscience que cette spirale ne m’apportait qu’un leurre de bonheur pour une bonne dose de douleur. La culpabilité de ne pas rester mince, de ne pas savoir me priver chaque jour et à chaque repas de ces aliments si mauvais pour moi. Ceux là même qui semblaient être inscrits dans mon code génétique comme à proscrire ad vitam eternam. La tristesse de ne pas être à la hauteur des attentes des autres.. sur mon propre corps…

Après un ultime régime hyper restrictif ou même les peaux de tomates ne devaient être mangées, 20kilos de perdus en 2 mois et repris en moi, je me suis dit que c’était vital, il fallait que ça cesse.

Je me suis alors tournée vers les idées du GROS et j’ai entamé une psychothérapie cognitive. Petit à petit sans y faire attention , j’ai pu manger du chocolat avec envie et apaisement, j’ai désiré des haricots verts sans les subir. Je me suis apaisée avec la nourriture et l’ai envisagée comme un besoin au même niveau que d’autres. Petit à petit manger s’est vidé de cette charge émotionnelle.

Durant tout ce cheminement j’ai surtout beaucoup parlé.

Je suis devenue une personne et non plus un poids.

Le chemin de l’acceptation et de la paix avec moi même est long.

J’ai éloigné toutes les balances, me sentant si fragile…

Et puis ce week end, je ne sais pourquoi je me suis confrontée à ce chiffre.

Je l’ai encaissé, détesté.

Alors que quelques secondes auparavant je me trouvais jolie,  je suis alors devenue hideuse, je ne voyais plus que ces deux chiffres annihilant tout ce que je pouvais être.

Je me suis alors souvenue des mots d’Ariane Grumbach.

Est ce que je n’étais que ces chiffres. Est-ce qu’ils jouaient vraiment sur ma vie sociale, mon plaisir d’écrire, mon oeil de photographe, mes rapports aux gens? Serais-je si différente si ils variaient?

Alors forte de toutes ces victoires passées, pleine de ces nouvelles passions, révélations de moi, j’ai relevé la tête.

J’ai cherché cette force d’avancer qui me pousse à m’aimer chaque jour un peu plus, juste comme ça, pour ce que je suis à l’intérieur et qui ne peut que jouer sur l’extérieur!

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Photos créative commons turtlemom4bacon

18 commentaires

  1. Oum

    C’est difficile de se dissocier de ce qui a fait notre quotidien depuis des années. La seule façon que j’ai trouvé de me dissocier de ça c’est de ne plus me peser et de ne pas me voir sur les photos. Si je peux éviter les miroirs, je le fais mais ce n’est pas facile ni viable. C’est triste mais c’est ainsi.
    Je te souhaite d’arriver à dépasser le cap qui est le tien, surtout que moi, je te trouve très jolie avec ta petite coupe au carré, tes blagues et ta personnalité, ta douceur de maman et tes talents de blogueuse.

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  2. Blandine

    Je comprends tellement ces mots.
    Je me suis réconciliée avec mon corps seulement depuis quelques mois, depuis la naissance de mon second il y a 5 mois, quand ma thyroide a décidé de jouer de mon coté et me délester de 6kg en extra.
    Et je crains le jour où elle se retournera contre moi.
    C’est dur de n’être « que » des chiffres quand ils ne nous plaisent pas…

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  3. Clem la matriochka

    Une chose est sûre : ton poids n’est pas ce qu’on retient de toi.
    Effectivement, ce n’est pas maigrir qui compte le plus, mais être en paix avec soi-même. Je suis contente pour toi, de voir que tu avances.
    Même si j’étais très émue en lisant ton billet – parce que j’aimerais en être au moins point – je te suis reconnaissante de nous faire partager ton chemin !

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  4. la mère cane

    Nous sommes plus que ça! J’ai pas du tout eu le même cheminement mais j’en suis au même point. Je me contente de vivre et de m’aimer comme je suis. C’est tellement plus reposant.
    Merci.

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  5. cleanettte

    Tant que c’est qu’un nombre à 2 chiffres c’est bon ? non?
    Bon je dis ça mais de mon coté j’espère perdre 2 kg donc je dois te sembler affreusement ridicule.
    Mais pour moi ce n’est pas une question d’image: je sais ou sont ces kg mais je ne les trouve pas moche j’ai surtout peur que ça ne s’arrète pas là si je ne me reprends pas un peu en main. et c’est mon tonus général qui est en jeu pas mon tour de taille.
    Mais est-ce que les kg ne se seraient pas justement installés parce que j’ai perdu ma vivacité? Je commence à me le demander.

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  6. Anne - Maman Entrepreneur

    Non !! Nous ne sommes pas que des chiffres ! Ni le chiffre de la balance, ni celui de la taille de pantalon, ni celui de l’âge, ni celui du chiffre d’affaire (mon souci à moi en ce moment lol).
    Sauf que j’ai beau le savoir, me trouver jolie avec mes rondeurs, à chaque fois que je me pèse, il me faut 15 jours pour m’en remettre. Ça ne loupe pas. Grrr !

    Rapport au poids, ce qui m’a beaucoup aidée c’est la révélation qu’on peut être grosse ET belle. Alors je cherche les belles grosses dans les magazines et ailleurs pour me le rappeler régulièrement et ça aide !

    Bises !

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  7. lapetitevache2

    ah le poids,… ici c’est par periode, parfois je fais avec, parfois je ne vois que des bourrelets, ce qui est sûr, c’est que je ne monte plus sur cette foutue balance !!!

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  8. maman@home

    Je suis si mal placée pour répondre quoi que ce soit à ça… si juste une chose Madame Parle, en effet moi aussi j’ai remarqué que je suis plus heureuse en passant moins sur la balance, plus heureuse aussi en ayant mis de côté la calculatrice que j’ai dans la tête dès que je passe à table… C’est tellement difficile de trouver l’équilibre entre » allez je m’en fiche » et « oh purée attention pas 3 M&M’s »… des bises

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  9. lexou

    Que l’on soit maigre ou ronde, ce n’est pas facile de s’aimer, c’est un long chemin que de s’accepter, mais en tout cas ce sera une jolie réussite!!

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  10. madamezazaofmars

    J’ ai cherché a perdre du poids cette années, celui qui me restait de ma grossesse et j’ ai largement atteint mon objectif. Ca m’ a poussé a en vouloir plus, sans succes et depuis 1 mois j’ ai arrêté de faire une fixation. Je me sens bien comme ça et c’est le principal.

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  11. Madame Moustick

    Pourquoi avons-nous toutes (ou presque toutes) ce regard si critique sur notre apparence physique ? Comment notre société en est-elle arrivée là ? Je t’encourage vivement dans ce chemin vers l’acceptation de toi.

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  12. Lôla Peste

    J’aurai pu l’écrire, cet article. C’est TELLEMENT VRAI. Du coup, je me sens d’autant plus stupide à flirter ainsi avec ma balance, hum.

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  13. Chat en ligne

    Alors que tout ma jeunesse je m’acceptais sans trop de problème, j’ai pris pas mal de poids depuis deux ans et je découvre maintenant cette colère contre mon corps qui ne fait que ce qu’il veut et cette haine des bourrelets et de mon bidon. Mais bon j’essaie de relativiser et surtout je ne veux pas commencer de régime… On verra bien

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  14. Sophie-Mum

    L’essentiel c’est que tu apprends a t’aimer toi et pas un poids ca ne doit pas etre facile mais tu tiens le bon bout bisous

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  15. MissBrownie

    J’ai remarqué que moins je me pèse moins je me pose de questions et plus mon poids reste stable. Je ne demande rien de plus, rester stable, à mon poids de forme, qu’il soit 53kg à 20 ans et 56 à 30 ans.
    Je me fie surtout à mes pantalons. Dès que je ne me sens plus bien dans mes pantalons fétiches, c’est que j’ai grossis.
    Depuis l’arrêt de l’allaitement, j’ai grossi, surtout des cuisses et du ventre, mais je n’ai aucune raison de me plaindre.
    Je comprends que ça peut être dur de ne pas aimer son reflet quelque soit son poids.
    A 48 ou 70kg (enceinte), j’ai toujours un petit double menton. Hérédité familiale … Je déteste mais je ne peux rien y faire, snif :-(
    Courage!

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  16. FoxyMama

    La mince en moi se trouve pas mal, par contre quand elle ferme les yeux et que la grosse se regarde, c’est pas la fête dans ma tête.

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  17. Sparkling

    Peu importe comment tu es à l’extérieur, t’es ma copine et je t’aime comme tu es !
    Dis-toi aussi que les gens ne te voient pas comme toi tu te vois. Compte le nombre d’amis que tu as et tu comprendras … Nous te voyons tous comme tu es à l’intérieur <3<3<3<3<3<3

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