La semaine dernière LMO témoignait sur son rapport avec son corps.
Son histoire a donné envie à Chouquette de nous raconter son vécu à elle.
Merci à toi de m’avoir confié ce récit…
Si toi aussi en lisant ce témoignage ou en te baladant sur ce blog tu as envie de nous raconter ton chemin de vie parsemé de régimes tous plus inefficaces les uns que les autres, j’entends par là qui n’ont serivs qu’à une chose te faire grossir de plus en plus et te faire culpabiliser de toujours ou presque reprendre.. Je t’invite à m’envoyer ton récit je le publierai car c’est toujours rassurant de voir qu’on n’est pas seule!
(Je n’attends en aucun cas de témoignage sur tel ou tel régime.)
**************
Mon enveloppe corporelle et moi !
Parfois je fais un cauchemar : j’ai chaud, je suis dans un magasin, je dois trouver un pantalon, je ne rentre dans rien, il me faut prendre une taille de dingue… une taille 50 !
Ah ba non, en fait, ce n’est pas un cauchemar, c’est juste la réalité !!!
Aujourd’hui c’est mon quotidien, enfin non, car je ne vais plus dans les magasins, ca me fait trop mal.
Avant, je veux dire jusqu’à mes 20 ans environ, j’étais mince, très mince, certains disaient que j’étais maigre, mais je pense qu’ils étaient juste jaloux ! Moi j’étais bien dans mes baskets : 1.73m (là c’est toujours vrai), 58kg, belle, mince donc, cheveux châtains bouclés longs, yeux noisette ! Bref, j’étais bien, je me sentais bien, j’avais du succès, je mangeais ce que je voulais et ne grossissais pas…
Et puis un jour, j’ai vécu une rupture, douloureuse rupture. J’ai cessé de manger, mes parents se sont beaucoup inquiétés, j’ai vu mon gynéco qui s’inquiétait aussi. Et puis s’est passé, j’ai digéré ma douleur, mise de côté (enfin en surface).
Et puis j’ai recommencé à m’alimenter comme avant. Et là, le drame !!!
J’ai commencé à prendre quelques kilos, mais bon, j’avais de la marge, rien d’alarmant, jusque là je n’ai jamais grossi. Sauf que là, je n’ai plus jamais maigri, je travaillais à la « brioche dorée », j’étais devenue la gouteuse officielle, lol.
J’ai grossi, grossi, un peu maigri, re-grossi !!! Jusqu’à en arriver à 85kg. Un truc de dingue, je me sentais mal, mal dans ma peau, malheureuse, dans ma vie professionnelle, en amour … Depuis ma rupture douloureuse, je n’ai plus connu de jeune homme me faisant vibrer.
Et puis il y avait mon environnement familial, je pense un peu problématique, car mes parents n’étaient jamais là (ma mère et mon beau-père puisque mon géniteur, je ne le vois plus depuis que j’ai 16 ans, choix perso), sortis par monts et par vaux, et nous, mon frère, ma sœur et moi, on mangeait des plateaux repas devant la télé… bref pas très équilibrés.
Je m’embrouille un peu, tellement de choses à dire !
Ce corps, gros, pas trop flasque, m’insupportait. Ma mère, mince et belle, je l’insupportais aussi, c’était réflexion sur réflexion « t’es trop grosse, fais quelque chose, t’étais tellement belle avant », je voyais bien qu’elle avait honte quand j’étais avec elle.
Alors j’ai vu ma première nutritionniste, j’ai perdu 15kg en 2 mois, j’en devenais limite anorexique, je ne mangeais plus que le strict minimum pour ne pas tomber dans les pommes. Je suis donc redescendu à 70kg, je me plaisais de nouveau, je m’habillais sexy, j’ai rencontré quelqu’un… je l’ai quitté, j’ai rencontré mon mari, le grand Amour ! C’était la passion, physique, émotionnelle. On a emménagé ensemble au bout de 6 mois, on se faisait des apéros tous les soirs, j’avais arrêté mon régime et j’ai repris 30kg en 1 an… oui, 30, trente, kilos en UNE petite année !!! (bon j’avais arrêté de fumer aussi).
Je faisais 96kg, pas encore passé la barre fatidique, celle des 100 !!!
Je suis tombée enceinte, c’était voulu, rapide, on était heureux, j’appelle ma mère pour lui annoncer la bonne nouvelle (on habitait loin) et là elle me sort une phrase qui me fait encore tant de mal aujourd’hui : « mais tu es trop grosse pour être enceinte, il faut que tu perdes du poids », j’ai pleuré des heures, dans les bras de mon chéri, au téléphone avec ma sœur, j’ai chialé tout ce que j’ai pu.
Les problèmes avec la nourriture, je le sais, sont dû à mes problèmes familiaux, une histoire familiale compliquée, une mère qui ne mange rien pendant des jours et qui s’empiffre ensuite, qui me dit qu’elle essaye de se faire vomir quand elle a mangé, me demande si moi j’y arrive, je ne suis qu’une ado… cherchez l’erreur !!!
Bref, j’accouche, d’un magnifique petit Nolan, ma vie, mon sang, la prunelle de mes yeux.
Je continue ma douloureuse ascension vers mon abominable corps actuel !
J’essaie un régime, avec le médecin que ma mère me recommande, je fais à ce moment là 112kg. Ce médecin me fait faire un régime qui me plongera dans une dépression : un régime à base de sachets protéinés. Tu ne manges plus rien c’est simple, que des trucs dégueu, que tu ne peux plus voir en peinture. Je me rends compte de ma dépression quand mon fils de 9 mois se fait vomir dès que MOI je lui donne à manger ; il mange parfaitement bien avec toute autre personne, mais avec moi, il vomit tout !!! Des éponges à émotions ces p’tit bouts. Mon mari me demande de recommencer à manger, j’ai perdu 12kg, j’en fais « plus que » 100 donc. Il en a marre de me voir pleurer tout le temps, de me voir triste, grise, éteinte…
Deux ans plus tard, j’essaie autre chose, j’en ai vraiment marre de me trimballer un corps qui me fait mal, physiquement (douleurs au dos le plus souvent, au ventre, aux articulations) et psychologiquement, un corps qui me dégoute, un corps que mon mari n’a plus le droit de toucher. Ba oui, parce que quand t’es grosse, tu as honte, moi je ne voulais pas que mon mari me regarde, ma libido a été réduite au néant, cela entraine d’autres problématiques de la vie quotidienne.
Quand tu vas au supermarché, tu te fais regarder de travers parce que tu prends de la crème fraiche ou du pâté. Quand tu rentres dans un magasin, les vendeuses te regardent mais ne t’accostent jamais, ca doit être contagieux… Quand tu vas chez le pédiatre avec ton gosse, tu es entourée de mamans toutes minces et tu te dis qu’il va surement en souffrir en rentrant à l’école. Quand tu vas en vacances à la mer, tu fais semblant de ne pas aimer la plage pour ne pas avoir à te mettre en maillot de bain pour que tout le monde te regarde de travers… bref, c’est une souffrance quotidienne.
Donc je me prends en main, je vais voir une nutritionniste qui fait de l’EMDR. Un truc de dingue de machin là. J’ai arrêté faute d’argent mais dès que je peux je recommence. En gros on parle plus du côté psychologique que du reste. Ca fait tilt, je règle certains problèmes liés à mon enfance, même certains problèmes liés à la grossesse de ma mère… incroyable.
Bref, je perds doucement, très doucement, mais surement et je n’ai jamais repris les 6kgs perdus.
Je suis quand même monté jusqu’à 121kg, après mes fameux sachets j’ai repris mes 21 kg ! Allez, cadeau, c’est offert par la maison. Je me suis détruit le bide, j’ai de gros problèmes intestinaux maintenant.
Bref, je m’égare encore.
Nous avons décidé de faire notre petit 2ème, pareil, enceinte rapido, annonce aux parents, ma mère, résignée je pense, est ravie. Je perds 22 kg, sans rien faire, en mangeant du chocolat etc…
J’accouche, je me sens mince, je redescends en dessous des 100kg, ca faisait longtemps ! Mais bon, mon corps a changé, il est flasque et en plus, ma peau pend : je suis affreuse, je me sens mal, je ne perds pas de taille de pantalon à cause de ce bide qui est là. Il me faudrait passer par la chirurgie mais vu le prix que ca coute… impossible !
5 mois après la naissance de mon fils, j’ai repris 5kg, mon gynéco pense à un problème de thyroïde, on fait les examens et rien. Pourquoi mon corps a décidé de virer ces 22kg en 9 mois et en a ré-emmagasiné 5 en peu de temps ??? Mystère !
Le mystère restera-t-il entier ? Perdrais-je un jour ces 40kg en trop ? Juste 25 ca me suffirait. Je veux juste que mes enfants ne souffrent pas de mon poids, ne souffrent pas d’avoir une mère qui est grosse, n’entendent pas des critiques de leurs copains sur leur mère obèse… ca me fait paniquer !
Cette nuit, j’ai rêvé que je perdais 10kg en 1 mois ! si seulement…
Je finirais juste mon roman par une phrase que j’ai dite en cours de maths, rang du fond, en 4ème , année où mes copines m’ont inscrite au concours « miss ok podium » lol:
« J’aimerais juste avec des cuisses plus grosses pour voir ce que ca fait… » Quelle connerie !!!
Maintenant je sais ce que ca fait : je me dégoute, je suis une mince coincée dans un corps de grosse ! Le pire, c’est que je ne me rends compte de mon « état » que quand je me vois en photo, sinon je ne me « vois pas si grosse !!!
**************
![]()
![]()
Certains droits réservés par dalbera













Tout comme pour LMO, ce témoignage est très touchant … Je vous souhaite de parvenir à vos fins et de perdre les kilos qui vous gêne tant ! Je te souhaite bon courage Chouquette ! Bisous
Témoignage très touchant encore une fois!
Chouquette, mais que tu es dure avec toi-même!!
Ta mère, dans ton récit, est carrément odieuse et détestable. Ca n’aide pas à l’estime de soi!
Je crois que la clé pour y arriver, c’est de s’apprécier.
Si on s’apprécie (et je sais à quel point le travail est difficile) on n’a plus ce besoin de se détruire…
Ton passage sur les regards désagréables, ça me touche, je les ressens aussi, ces regards. Et parfois, je me dis que c’est juste dans ma tête, que JE culpabilise d’acheter des Pépito alors JE vois un regard de travers de la caissière alors que si on y réflechit un peu, la caissière, elle a autre chose à faire que vérifier le contenu de notre caddy, non?
On a honte de soi, alors on pense que tous les regards sont désagréables, critiques et méchants.
Il y en a, c’est certain, mais pas tant que l’on croit je pense…
En tous cas, merci de t’être livrée, te lire m’a fait du bien, et avec le recul de lire un récit similaire au mien mais écrit mar une autre, l’analyse est plus facile à faire.
Purée, mais pourquoi se déteste t’on tant?
On peut être grosse et belle, tes phrases m’ont fait mal, quand tu dis que tu es horrible et grosse, parce que je me suis sentie visée…
Oui, elle est vraiment bien cette rubrique, on fera psychothérapie collective
Pour la peau qui pend, je suis comme toi, déjà après ma première grossesse, j’avais un morceau de peau pas terrible après avoir perdu tous ces kilos. Mais j’avais un corps tonique (la jeunesse!)
Mais là, j’ai la peau flasque partout, une catastrophe…
C’est dur à vivre tout ça!
Courage, et merci pour ce témoignage!
Touchant et courageux de se livrer.
Merci les filles !!!
Ca me met les larmes aux yeux de vous lire si « mal », mais je suis admirative parce que vous arrivez à mettre des mots sur tout ça !
Ton temoignage est poignant mais moi qui ne t’ ai vu qu’ en photo, je ne te vois pas telle que tu te décris
Encore une belle leçon de courage!
Mais le tout est je pense de d’abord s’apprécier (pas forcément s’aimer) pour entamer quoi que ce soit « contre » ce corps dont tu ne veux pas.
Je m’imagine un combat plus stratégique physique, comme si tu amadouais ton corps pour mieux le combattre ensuite.
On le constate avec ton témoignage, le corps, le coeur et la tête sont intimement liés dans les rapports avec la nourriture, « tout » vient souvent de la tête.
Si la tête va mieux, je suis sûre que le corps suivra.
Je te souhaite te t’apprécier, puis ensuite de t’aimer.
Te faire aimer, je pense que les enfants et le mari le font déjà très bien
C’est terrible de te lire car, à quelques exception près, pas un de tes mots ne pourrait être mien…
Je ne sais quoi te dire puisque, tout ce que tu traverses, je le traverse aussi… Et que je n’ai jusqu’à aujourd’hui trouvé aucune solution…
Ah, il est loin le temps de Miss OK (moi aussi, mes copines m’avaient inscrite
!)
Des pensées pour toi et une belle journée !
*
Comme ça me touche de te lire. Particulièrement le passage sur ta mère, ça me serre le coeur. La mienne a toujours eu des mots très durs envers nous et ça nous a marqué à vie…
merci à toutes pour vos mots, ca fait du bien de lire tout cela, je comprends mieux LMO la semaine dernière.
LMO justement, ma mère, je pense, est la clé de mon problème, elle a tjs été « soumise », dévouée corps et âme à ses enfants, s’oubliant complètement. Et puis elle a divorcé, s’est remarié avec un homme plus jeune (6ans de moins) qui lui a fait découvrir la vie et là, elle est retombée dans une adolesccence qu’elle n’avait pas vécu car battue par son père et bridée par son mari… bref, compliqué tu vois. Aujourd’hui, sa préoccupation principale est de rester belle et mince pour que son mari ne la trompe pas comme le 1er…
je te rassures, je le pense aussi qu’on peut etre grosse et belle car parfois j’en vois certaines que je trouve magnifique et je me dit que j’aimerais etre comme elles, sauf que moi, je me trouvais tellement bien avant que j’ai du mal à m’apprécier maitnenant.
Le truc, c’est que j’ai du mal à me « voir » grosse, j’ai du mal avec mon image, quand je ne me vois pas, je suis toujours mince, enfin pas si grosse en tout cas. alors quand je me vois en photo : le choc!
@ Béatrice, ca fait du bien de mettre des mots, ca vaut un psychothérapie effectivement.
@Zaza, tu me vois comment?
@Zette, c’est clair qu’il faut d’abord dompter la tete pour dompter son corps.
@Nikita et Lexou, merci de m’avoir lue
@Anne Laure, j’espère que toi aussi tu trouveras ton chemin vers l’acceptation de toi.
@Nanette, juste une précision, j’ai un peu « raconté » ce qu’a vécu ma mère, c’est une mère aimante, adorable, une tigresse pour défendre ses enfants mais elle est devenue superficielle, et quand il s’agit de physique, c’est au delà de l’imaginable.
Chouquette, je comprends très bien ce que tu veux dire quand tu parles du décalage entre l’idée que tu te fais de toi et le choc quand tu te vois en photo.
C’est pareil pour moi.
Peut être que pour s’accepter, il faut d’abord bien apréhender les contours de notre corps. Accepter les formes, les bourrelets, la grosseur, afin de l’éliminer en connaissance de cause.
C’est un peu une fuite que de refuser de se voir telle que l’on est finalement. Et de refuser de se voir jolie juste parce qu’on est grosse…
@LMO – en fait, quand je vois mon visage, je me trouve plutot bien. et puis si je me vois dans le miroir, meme de pied, et habillée, ca peut aller. mais alors quand je me vois en photo, je prends toute la dimension de mon corps, de mon double menton (c’est ca qui me choque le plus), de mes bras… bref, de ma rondeur!
En fait, il y a un autre pbm, qui lui est financier, car si j’avais les moyens, au delà de la chirurgie que je m’empresserai de faire, il y a les fringues que j’achèterai, le coiffeur que je verrais plus souvent (là ca fait deux ans qu’il ne m’a pas vue)… bref, me rendre jolie (ou acceptable telle que je suis).
Mais c’est bizarre car depuis que j’ai écris ce récit, je n’ai plus faim. les trucs gras me dégouttent, ce qui me plait d’habitude arrive à m’écœurer (un bon confit de canard par ex), je suis vite rassasiée… bizarre comme le mental joue. j’ai VRAIMENT envie de maigrir cette année.
J’ai beaucoup aimé ton récit.
Il est vrai, il est juste, il est ce que tu penses de toi-même… même si pas forcément la vision de ceux qui t’entourent! Ta mère te voit grosse, parce qu’elle a tenu toute sa vie à sa maigreur et tu lui renvoies l’image de ce qu’elle aurait été si elle n’avait pas été anorexique.
Ce que je trouve touchant, c’est que finalement, ce qui te fait le plus paniquer, c’est que tes enfants souffrent de ce que tu es un jour, à l’école ou ailleurs…
C’est tellement beau, et c’est ça, tu es prête à faire tous ces efforts pour que eux ne subissent pas ton poids comme une insulte envers eux. Ton amour est plus fort que tout, et tu sais, c’est ça qui te rendra si belle à leurs yeux, et pour toujours.
On est amené à vieillir, et maigres ou gros, c’est pareil, le temps nous transforme littéralement, rarement positivement…
Quoi que, les maigres ont encore plus la peau qui pend en vieillissant et des rides plus marquées.
Tu as de l’amour, et c’est ça qui est si beau. Malgré tes rondeurs qui ne te plaisent pas, malgré ton image de toi détérioré, tu es aimée, entourée de gens qui eux t’acceptent ainsi. C’est vraiment là la plus belle des richesses, bien avant la minceur!
Je te souhaite de parvenir à trouver un équilibre qui te convienne.
Merci encore pour ce témoignage.