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Est-ce bénéfique de ne pas porter de soutien-gorge?

Jessica
Par Jessica
20 novembre 2023 13

De plus en plus de Françaises adhèrent au mouvement « No Bra », qui vise à se libérer du soutien-gorge pour des raisons de confort. Cela soulève des interrogations sur les éventuels effets positifs ou négatifs sur la santé. Quels sont les impacts lorsque l’on arrête de porter un soutien-gorge ? Des experts apportent des réponses.

Mouvement, mode du « No Bra » : c’est quoi exactement ?

À la fin du XIXe siècle, le soutien-gorge libère les femmes des corsets, jusqu’à ce que dans les années 90, l’invention du push-up « recorsétise ». Les soutiens-gorge deviennent alors des outils de formatage destinés à homogénéiser les poitrines, en les faisant correspondre à l’idéal esthétique : la demi-pomme, soit des seins suffisamment gros, hauts et fermes.

Lors du confinement lié à la crise sanitaire Covid, les Françaises âgées de 18 à 25 ans ont découvert le confort du « No Bra », tendance qui consiste à ne plus porter de soutien-gorge. Une étude de l’Ifop, sortie en juillet 2020 (source 1), a montré notamment que la proportion de Françaises ne portant plus de soutien-gorge est passée de 4 % avant le confinement à 18 % chez les moins de 25 ans.

Le confinement a permis aux femmes d’expérimenter un nouveau rapport à leurs corps, débarrassé des regards qui pèsent sur elles dans l’espace public. Elles ont pu choisir de ne plus porter de maquillage, de talons ou de soutien-gorge, expliquait alors Camille Froidevaux-Metterie, chercheuse et professeure de science politique, auteure de Seins, en quête d’une libération (éditions Anamosa).

Qu’est-ce qui pousse les femmes à ne plus porter de soutien-gorge ?

Il y a la recherche du confort mais aussi la volonté d’accepter leurs seins tels qu’ils sont, sans les couler dans le moule des soutiens-gorge coqués ou rembourrés. Enlever son soutien-gorge, c’est laisser voir la chair mouvante des seins, les tétons également. En un mot, c’est montrer l’immense diversité des seins « réels » des femmes, répond Camille Froidevaux-Metterie.

Tendance « No Bra » : faut-il vraiment porter un soutien-gorge ?

Jean-Denis Rouillon, médecin du sport et auteur d’une étude sur le sujet, parue en 2013, a lui eu l’occasion d’observer chez certaines femmes adeptes du « No Bra » la disparition de petites vergetures au bout de six semaines.

En revanche, il signale le cas des femmes qui à la ménopause connaissent un relâchement du tissu conjonctif : « on remarque alors une prise de poids des seins, ce qui peut entraîner des cervicalgies, des dorsalgies ou même des syndromes canalaires lorsque les bretelles compriment les nerfs ».

S’il n’encourage pas les femmes à jeter leurs soutiens-gorge et leurs sous-vêtements pour tenir la poitrine, notre expert les invite toutefois à « passer à des brassières, sans élastiques ».

Ne pas porter de soutien-gorge : quels sont les bienfaits ?

Si certaines Françaises sont friandes de la lingerie fine, Jean-Denis Rouillon met en garde sur la matière de certains soutiens-gorge. « La plupart sont en matière synthétique, des tissus enduits. Le pire ce sont les ‘anti-odeurs’ ou ‘antibactériens’. Si cette chimie rajoutée est infime, elle suffit à induire de l’eczéma ou des irritations ».

Quant au push-up, vedette des années 90, il est aujourd’hui sujet à débats. La raison : avec son système de baleines, ses renforts sont très compressifs : « Le push-up peut couper la circulation sanguine, voire la circulation lymphatique. Et cela peut abîmer la peau », ajoute Jean-Denis Rouillon.

Selon lui, il est important que l’apesanteur s’exerce sur les seins, car c’est ce qui renforce les tissus de soutien naturel. « Si vous mettez une ceinture lombaire alors que vous n’en avez pas besoin, et que vous l’enlevez, cela sera catastrophique. Toutes ces orthèses sont contre-productives car le tissu conjonctif est extrêmement important. Malheureusement, on n’en parle jamais ».

Seins sans soutien : existe-t-il des effets négatifs ?

Face à cette pratique qui semble perdurer, beaucoup s’interrogent sur les éventuelles conséquences néfastes. Selon Carole Maître, gynécologue, le non-port du soutien-gorge ne comporte aucun risque pour la peau ou le vieillissement des seins.

« La seule réserve serait pour les femmes en surpoids ou celles qui ont une forte poitrine. » Autre cas de figure, les femmes qui exercent une pratique sportive : « faire un marathon sans soutien-gorge peut entraîner un étirement des petits ligaments ».

Comment faire tenir une forte poitrine sans soutien-gorge ?

Opter pour des soutiens-gorge en matières naturelles, non traitées, et une armature compatible avec son galbe. Pour les fortes poitrines : des modèles sans armatures, avec des bretelles bien plates, ajustées, qui ne marquent pas la peau, permettent un bon maintien.

Une libération des seins… mais pas des tétons ! Le mouvement « No Bra » connaît un vif succès. Pourtant, ne pas porter de soutien-gorge dans l’espace public n’est pas toujours facile à vivre, notamment à cause du regard des autres sur les tétons. Un téton qui « pointe » est encore très sexualisé, et les regards des passants (voire les remarques !) peuvent mettre mal à l’aise. 48% des Français interrogés par l’Ifop en 2020 (source 1) assuraient ainsi qu’une « femme qui ne porte pas de soutien-gorge prend le risque d’être harcelée, voire agressée ». Et pour 20 % d’entre eux, « le fait qu’une femme laisse apparaître ses tétons sous un haut devrait être, pour son agresseur, une circonstance atténuante en cas d’agression sexuelle ». Il y a encore des progrès à faire… en attendant, courage aux adeptes du « No Bra » qui marchent dans la rue !

Un exercice pour tonifier sa poitrine (vidéo)

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