Récit d’accouchement: difficile de lutter contre la toute puissance des professionnels

Cette semaine Audrey,  aka Maman Poussinou, nous raconte la naissance de son poussin en janvier 2009.

Et si ça vous tente de nous raconter le votre un mail avec votre récit sans faute d’orthographe, sans kikoolol et sans smiley qui clignotent à madameparle@yahoo.fr

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Un vendredi après midi, à 10 jours du terme de mon accouchement, alors que je vois des « mouches » devant mes yeux, je dis à Poulet qu’il serait peut-être bon d’aller faire un tour à la maternité pour voir si Poussin allait bien.

Arrivés sur place, nous sommes de suite pris en charge, j’explique mon « problème », on me prend ma tension 17.9… on me fait un monitoring, il y a de petites contractions, « inutiles » me dit-on. On m’explique également qu’avec une telle tension, je ne peux rentrer chez moi et que le travail commencera certainement tout seul pendant la nuit, ou sinon que l’accouchement sera déclenché le lendemain matin. Je commence à avoir peur, peur de l’inconnu et quelque part de la rencontre avec mon petit bonhomme, que j’imagine et rêve depuis 9 mois.
Deux internes me posent alors un cathéter pour la perfusion à venir, histoire de gagner du temps, elles m’éclatent une veine du poignet, qui devient tout bleu et gonflé, tentent sur la main droite qui termine comme le poignet et finissent par y arriver sur la main gauche.

Je passe cette nuit dans une chambre double avec un peu (beaucoup) d’angoisse pour ce qui m’attend très prochainement, la grande aventure va commencer, ce n’est plus qu’une question d’heures dorénavant.
Cette nuit est saccadée, entre les monitoring et les prises de tension pour moi, et les pleurs du bébé de la maman d’à côté qui a accouché le matin même. Et puis j’ai faim, je n’ai pas mangé depuis le midi, je n’ai pas le droit d’ingurgiter quoi que ce soit…

Le matin arrive (enfin !), mon gynécologue (qui travaille aussi à la maternité) passe me voir, examine mon col, il est à 2 cm, on va déclencher l’accouchement, ma tension n’a presque pas baissé.

J’arrive en salle de travail, une équipe me pose la perfusion, m’injecte le produit qui servira à déclencher les contractions, me perce la poche des eaux (« pour accélérer le travail » me disent-elles) et me demande si j’ai des allergies. Je leur dis que oui, je suis allergique au latex, c’est noté dans mon dossier, je l’ai dit à l’anesthésiste lors du rendez-vous 3 semaines plus tôt. Les sages-femmes commencent à râler, la journée promet d’être longue !
Poulet est bien sûr arrivé et est là pour me soutenir, m’encourager, et assister à la naissance de notre Poussin d’Amour.

Les sages-femmes reviennent toutes les heures, le col ne se modifie pas vite et les contractions sont de plus en plus douloureuses. Au bout de 3h30, j’ai le droit à la péridurale, sur le moment, c’est magique, instantanément plus de douleurs et pourtant je peux sentir les contractions arriver.

Trois heures plus tard, la douleur revient progressivement, mais sûrement. Nous voyons avec Poulet qu’il n’y a presque plus de produit dans la fiole, nous le disons aux sages-femmes (ou aides soignantes, je ne sais pas) lors d’un examen du col, elles nous répondent, toujours du même air aimable « qu’une dose suffit largement pour un accouchement ! » , soit…
30 minutes après, plus de produit, j’ai très mal ! Changement de position toutes les heures mais le col est bloqué à 7. Je suis là, installée sur ce lit depuis 8h du matin, avec l’impossibilité de me lever à cause des perfusions et de la péridurale, j’étais la première arrivée et déjà, 6 mamans ont donné naissance à leur bébé, rapidement, et moi, ça n’avance pas, j’ai même le sentiment parfois que ça recule… La douleur des contractions me donne l’impression que je vais m’évanouir. Le personnel soignant me fait comprendre que je suis une chochotte et que j’en rajoute « mais non, ça ne fait pas mal, vous avez la péridurale ! » oui, sauf qu’elle ne fait plus effet, et depuis un petit moment !

Je leur explique ensuite que je veux pousser, je sens que ça pousse tout seul. Elles ne veulent pas, le col est bloqué à 9, mais j’insiste, il le faut !
Elles me disent que je n’y arriverai pas, que le col n’est pas assez ouvert… pourtant, je sens que c’est l’heure ! Elles finissent quand même par installer les étriers et transforment le lit en lit d’accouchement.

Trois poussées et une épisiotomie plus tard, Poussin est dans nos bras, pour notre plus grand bonheur (même si, pour clôturer le chapitre sur le personnel présent ce jour là, les sages-femmes ont coupé le cordon, sans même avoir pris la peine de demander au papa s’il souhaitait le faire).

Ce 31 janvier 2009 restera pour nous le plus beau jour de notre vie. Le jour où, pour nous, le mot « famille » a pris tout son sens.

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