Faut-il être fou pour aller voir un psy?

Depuis de nombreuses années je sais combien les mots sont salvateurs.

A l’orée de mes 18 ans je lorgnais vaguement le métier de psy.

A défaut de l être devenue à l’horizon de mes 25 ans je suis allée en voir une.

Verbaliser mes émotions, reformuler le passé a été d’une précieuse aide pour cloturer mon adolescence tardive.

Aujourd’hui j’ai encore du mal à comprendre cette réticence à aller parler de ses maux.

Pourquoi ne pas s’aimer suffisemment pour s’autoriser à aller parler de soi et rien que de ça?

Quel risque?

Pourquoi encore associer si facilement la folie et la psy?

Pourquoi ne voir qu’en certaines situations, la si cartésienne médecine?

Un problème, une pilule…

Quel bonheur intense pourtant que de s’alléger de quelques poids à la recherche de son Moi.

Quand un enfant change de comportement, quand il pleure intensément, ca vaudrait le coup des fois de s’interroger sur soi.

Quand on réagit de façon excessive à une situation ,n’est ce donc pas un phénomène de répétition?

Quand un enfant marche tardivement et parle en baragouinant a-t-on vraiment envie de le laisser grandir? Est-on suffisamment à l’aise dans ce monde d’adulte?

Je vous jure, vous qui lisez ces mots, vous à qui je parle de ma vie, que formuler des difficultés c’est déjà un peu les dépasser.Reparler d’une situation ancienne, potentiellement traumatisante dans l’enfance et la décortiquer avec un regard d’adulte c’est la réparer.

Le chemin est parfois long et sinueux, les rencontres foireuses.

Mais se connaitre, s’accepter et s’aimer chaque jour un peu plus ou en tout cas essayer de le faire c’est aussi reconnaître en l’autre sa différence et accepter qu’il puisse avoir un autre vécu des évènements.

Je ne sais si ces mots vous questionneront ou me feront passer pour une folle torturée mais ca fait un bon moment que je voulais vous les livrer!

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crédit photos:

 

 

 

 

 

 

14 commentaires

  1. Valérie T

    J’aime, merci !
    Je pense qu’on est beaucoup a en avoir besoin ! Moi la 1ère…
    Mais c’est vrai, je l’avoue, il y a des choses qui me bloque ? quoi ? le simple fait, de faire la démarche ? je ne sais pas ? est-ce que ça m’aiderait réellement ?
    En tout cas, tu m’a fait me questionné une fois…et ça m’a aidé ! Alors merci. Même si le travail n’est pas terminé, il a fait un ptit bout de chemin…

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  2. the perfect mum (geckomoon)

    Moi perso, je pense comme toi. Je suis allée voir une psy à contrecoeur, après une mini dépression, et finalement, j’en suis sortie ravie. Elle m’a dit : bon, il n’y a rien à soigner Madame… Mais bon sang, qu’est-ce que ça m’a fait du bien ! Moi je dirait bien qu’il ne faut pas attendre d’être fou pour aller voir un psy… Mieux vaut y aller tant qu’il est encore temps !

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  3. ces doux moments

    Quelle bionne idée de faire cet article avec des mots toujours si justes.
    En effet, comme tu le dis aller voir un psy ce n’est pas être fou mais bien plutôt s’aimer suffusemment pour avoir envie d’être mieux.
    Cela a beaucoup enrichi ma vie d’aller voir une psy et a certainement contribué à tout ce que je vis aujourd’hui.

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  4. Béatrice

    Depuis 5 ans, je passe un moment tous les mois chez une psy …chiatre, et oui, ça fait beaucoup de bien !!! Pas prête à arrêter !!! (et non, pas folle, enfin pas plus que la moyenne !!)

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  5. Mme Statler

    depuis quelques temps ça ne va pas fort, des hauts des bas, je cache que ça ne va pas et la situation devient catastrophique
    mardi j’ai eu mon tout premier rdv chez un psy, j’ai « osé » prendre rendez vous (je suis en train d’écrire un truc là dessus d’ailleurs)
    j’avoue que la démarche a été difficile, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs
    j’y suis allée, j’ai parlé, pleuré, gardé le silence, re parlé, et j’ai repris rendez-vous pour une prochaine fois
    je pense savoir quelles sont mes fêlures, je n’arrive pas à arrêter de bloquer dessus – ma phrase a-t-elle un sens?
    le plus difficile c’est de prendre ce premier rendez-vous

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  6. Sparkling Mummy

    Depuis le temps que tu me le répète …
    C’est que j’ai un milliard de choses à régler mais je ne me suis jamais assez botté le derrière pour y aller. Peut-être que je suis juste trop bornée à penser que je peux régler tout ça moi-même ou bien trop lache pour affronter mon passif ???
    En tout cas, merci pour ce billet rempli de sagesse et de bon sens … Toujours aussi superbement mis en mots :)

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  7. nuageuse

    Ton article ne peut que me parler étant donné que je suis étudiante en psychologie et que je me dirige vers la psychologie de l’enfant, notamment la psychologie périnatale, les dépressions post-partum et le deuil périnatal.

    Malheureusement, le psychologue est trop souvent associé à une honte. Cette honte qui signifie qu’on ne va pas bien ou qu’on ne peut pas s’en sortir seul, souvent inavouable.
    Ce stéréotype est souvent erroné alors que la motivation peut être diverse, mieux se connaître, prendre un nouveau départ, comprendre son passé, être encore plus épanouie.
    Et la démarche de ce renouveau là, se fait par la personne elle-même, le « travail » est alors déjà à 70% accompli.

    Je suis entièrement d’accord avec toi et je l’observe chaque jour. Le bémol, c’est aussi de bien trouver son professionnel. En France le « psy » veut encore dire tellement de choses (psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute, psychologue…).

    Bonne journée

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  8. Lilie

    Que dire à part que tout ton texte me parle !!
    Suite à la disparition de ma maman (j’allais avoir 25 ans), je me suis cherchée. J’ai déménagé, changé de région, j’ai pris de la distance avec cette vie d’avant qui n’était plus.
    2 ans après cette épreuve, j’ai été voir une sophrologue pendant 6 séances. Je me suis confiée, j’ai pleuré (beaucoup), j’ai pris de décisions : ça fait du bien de pouvoir parler avec quelqu’un qui ne te connaît pas, ne connaît pas ton histoire donc ne te juge pas !! J’ai des amies formidables mais ce n’est pas pareil !!
    Il faut avoir le déclic et on n’est pas obligé d’y aller très longtemps. Ces 6 séances m’ont permis de reprendre confiance en moi et de changer beaucoup de choses pour être sereine actuellement !! Même si le chagrin et le manque sont toujours là …

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  9. LMO

    Je suis une psychothérapie depuis 8 ans, avec un psychiatre (et donc médecin). Je suis tombée sur le bon, j’en ai vu plusieurs demi-douzaines sans succès auparavant.
    Bref, pour moi, avec mon vécu, mes troubles et tout ça, c’était indispensable de voir un psy.
    Cependant, je ne suis pas fan de cette idée d’aller voir un psy pour le moindre petit problème.
    Pour moi c’est un peu comme aller chez le médecin dès qu’on a mal au ventre 5 minutes ou le nez qui coule pendant 2 jours.

    Chacun fait comme il veut, mais les solutions sont parfois en nous et il faut réapprendre à se faire confiance sans le « tout psy ».

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  10. Sophie-Mum

    je n’ai jamais vu de psy car je me disait que c’était pour les fous quand j’étais plus jeune mais je pense autrement maintenant je n’en voit pas mais peut être qu’on devrait tous en voir un de tps en tps

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