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La sismothérapie, ou ECT : les clés pour tout comprendre

Jessica
Par Jessica
27 novembre 2023 21

Qu’est-ce que la sismothérapie, également connue sous le nom d’électroconvulsivothérapie (ECT), et dans quels cas est-elle utilisée en dernier recours pour traiter la dépression sévère, les troubles bipolaires ou la schizophrénie ? Comment se déroulent les séances de traitement et quels sont les possibles effets secondaires ? Existe-t-il des contre-indications à ce type de thérapie ?

Définition de la sismothérapie

La sismothérapie, ou électroconvulsivothérapie (ECT), correspond à la version moderne des traitements par électrochocs administrés dans les années 1930. Elle est utilisée en dernier recours dans le cadre de dépressions ou de pathologies psychiatriques résistantes aux traitements habituels. Cette technique consiste à provoquer une crise d’épilepsie sous anesthésie générale en envoyant un courant électrique faible à travers le crâne du patient. Les électrodes placées sur les tempes permettent au courant de traverser le crâne et de déclencher une crise convulsive thérapeutique. La sismothérapie présente des avantages tels que sa rapidité d’action et une moindre occurrence d’effets secondaires. Elle est utilisée dans la prise en charge de divers troubles psychiatriques.

Histoire et réputation de la sismothérapie

Au début des années 1930, la sismothérapie s’est répandue en France et en Occident. Cependant, elle a longtemps été critiquée en raison des effets secondaires liés aux électrochocs et des pratiques abusives qui ont été médiatisées après la Seconde Guerre mondiale. De plus, la démocratisation des médicaments psychotropes a également joué un rôle dans sa mauvaise réputation. Afin d’assurer la sécurité et le bon déroulement des séances, la Société française d’anesthésie et de réanimation et la Fédération française de psychiatrie ont rédigé des recommandations de bonnes pratiques à la fin des années 90, sous l’égide de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes).

Principe de fonctionnement de la sismothérapie

La sismothérapie fonctionne en provoquant une crise convulsive, ce qui stimule la sécrétion de neurotransmetteurs et de neurohormones impliqués dans différents troubles de l’humeur. Ces substances stimulent les neurones et favorisent la création de nouvelles connexions neuronales.

Indications et prescription de la sismothérapie

La sismothérapie est particulièrement efficace dans le traitement des troubles de l’humeur résistants aux traitements classiques tels que la dépression, le syndrome catatonique et certaines formes de trouble bipolaire. Elle est également indiquée dans certaines formes de schizophrénie et peut être utilisée pour traiter des maladies dégénératives avec des troubles du comportement, telles que la maladie de Parkinson, le syndrome de Gilles de la Tourette et certains troubles obsessionnels compulsifs (TOC). La décision de prescrire la sismothérapie est basée sur des critères tels que la pharmacorésistance, la mise en jeu du pronostic vital à court terme, des pathologies incompatibles avec d’autres traitements, une bonne réponse antérieure à la sismothérapie et un risque suicidaire.

Déroulement des séances de sismothérapie

Les séances d’électroconvulsivothérapie sont réalisées à l’hôpital, soit en ambulatoire, soit dans le cadre d’une hospitalisation plus longue. Elles sont effectuées par un médecin psychiatre, assisté d’un médecin anesthésiste et d’infirmiers. Avant la séance, une consultation préalable a lieu avec l’anesthésiste pour évaluer toute contre-indication à l’anesthésie générale. Le patient se présente à jeun le jour de la séance et est placé sous perfusion et monitoring. Un électroencéphalogramme est réalisé pour évaluer l’état du cerveau et suivre l’évolution de la crise d’épilepsie. Le patient est ensuite placé sous anesthésie générale, et une injection de curare est administrée pour limiter les convulsions musculaires. Le psychiatre administre ensuite les électrochocs grâce aux électrodes implantées sur les tempes du patient. La crise convulsive dure moins de 30 secondes. Après la séance, le patient est transféré en salle de réveil pour une surveillance rapprochée pendant trois à quatre heures. Il se réveille entre 10 et 30 minutes après la crise et peut ensuite rentrer chez lui ou retourner dans le service hospitalier, où il est surveillé par une tierce personne pendant environ 24 heures.

Effets secondaires et contre-indications de la sismothérapie

Les effets secondaires les plus courants de la sismothérapie sont des maux de tête, une confusion, des troubles de la mémoire et des troubles des fonctions exécutives, mais ils sont généralement temporaires. Dans de rares cas, des lésions mécaniques peuvent être observées au niveau des dents, des épaules ou des vertèbres si la curarisation n’a pas été suffisante pour immobiliser le patient. La mortalité associée à ce traitement est rare et similaire à celle d’une anesthésie générale pour des interventions chirurgicales mineures. La seule contre-indication absolue est l’hypertension intracrânienne. Les contre-indications liées à l’anesthésie générale sont discutées préalablement avec l’équipe médicale.

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