Quelle reconnaissance pour les aidants familiaux et proches ?
Les aidants, qui sont souvent invisibles, apportent un accompagnement et un soutien à leurs proches au quotidien. Mais comment peut-on se reconnaître en tant qu’aidant lorsqu’on n’est pas conscient de l’être soi-même ou lorsque les institutions ont du mal à nous définir ? Simon de Gardelle, directeur de l’Association française des aidants (AFA), nous éclaire sur cette question.
Définition : qu’est-ce qu’un aidant ? Quel est son rôle ?
Selon les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), les aidants représentent près de 9,3 millions de personnes en France, soit environ un français sur cinq. Ils sont généralement invisibles et bénévoles, dévoués à leurs proches.
Un aidant est une personne non professionnelle qui apporte son aide à un proche dépendant de son entourage. Selon le Code de l’action sociale et des familles, un aidant familial peut être le conjoint, le concubin, le partenaire de PACS, un membre de la famille ou un proche qui n’est pas rémunéré pour cette aide. En ce qui concerne les personnes âgées, la définition du proche aidant est étendue à l’entourage, y compris les parents, alliés et personnes entretenant des liens étroits et stables avec la personne âgée, et qui lui apportent régulièrement une aide non professionnelle dans les activités de la vie quotidienne. Cependant, la notion d’aidant reste encore vague et complexe.
Quand est-on considéré comme aidant ? Comment obtenir le statut de proche aidant ?
Actuellement, il n’existe pas de statut juridique pour les aidants. La question du statut est souvent évoquée mais il est plus important de mettre en place des droits ambitieux pour les proches aidants et une véritable politique publique. Les droits des aidants sont relativement modestes et le congé de proche aidant est limité à 66 jours sur l’ensemble de la carrière professionnelle. Pour obtenir le statut de proche aidant, il est nécessaire de prendre en compte la reconnaissance personnelle en tant qu’aidant. Selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la moitié des aidants ignorent qu’ils le sont, jusqu’à ce qu’ils participent à des activités ou des groupes de soutien.
Aidants : quels sont leurs droits ?
Même s’il n’existe pas de statut officiel pour les aidants, la loi ASV a instauré un congé de proche aidant et le droit au répit. Le congé de proche aidant permet à l’aidant de suspendre son activité professionnelle pour aider un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Ce congé est désormais indemnisé par l’allocation journalière de proche aidant (AJPA). Le droit au répit offre aux aidants la possibilité de se libérer du temps pour leurs propres activités et éviter l’épuisement. Cependant, ces droits restent limités et l’enveloppe allouée au droit au répit est rapidement épuisée.
Être aidant : quelles sont les conséquences au quotidien ?
Les aidants font face quotidiennement à de multiples responsabilités, jonglant avec leurs obligations personnelles et professionnelles. Cela peut conduire à l’oubli de soi et à l’épuisement. Il est fondamental pour les aidants de prendre soin d’eux-mêmes et de partager leurs expériences avec d’autres aidants. Les témoignages d’aidants montrent à quel point les tâches sont diverses et parfois étranges, mais aussi combien il est important de soutenir un proche dépendant.
Quelles sont les solutions pour aider et soutenir les aidants ?
Différentes solutions existent pour aider et soutenir les aidants. Les groupes de parole permettent aux aidants de s’exprimer librement en compagnie de personnes vivant la même situation, leur offrant un soutien et combattant leur isolement. Les formations non professionnelles visent à mieux comprendre la maladie affectant leur proche et à s’y adapter, tout en se familiarisant avec les ressources disponibles localement. Il est essentiel pour les aidants de trouver des moments de répit, d’être écoutés et de bénéficier d’un soutien adapté pour faire face aux difficultés qu’ils rencontrent.
