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Temps de travail des aidants familiaux et proches aidants : quel aménagement ?

Jessica
Par Jessica
06 octobre 2024 42

Il n’est pas toujours facile de concilier sa vie d’aidant avec son activité professionnelle, notamment lorsque l’on doit rendre un dossier urgent tout en gérant les soins à domicile ou les rendez-vous médicaux pour son proche. Alors, quelles sont les solutions ? Comment peut-on aménager son temps de travail de manière adéquate ? Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé Laure Soulier-Vezine, chargée de mission « aide aux aidants » à l’ADAPEI de Corrèze.

Les salariés aidants : une part importante de la population active


Environ 20% des travailleurs sont des salariés aidants, ce qui équivaut à un actif sur cinq. D’après le baromètre « Aider et travailler 2020 » réalisé par Interfacia, plus de la moitié (50,1%) de ces aidants soutiennent leur enfant ou leur conjoint, et 70,9% d’entre eux s’inquiètent de l’impact de leur rôle d’aidant sur leur travail.

Aménagement du temps de travail pour les aidants : quelles solutions ? Quelle est la législation en vigueur ?


Un aidant sur cinq consacre au moins 20 heures par semaine à prendre soin d’un proche malade, en situation de handicap ou dépendant. Ils doivent jongler entre leurs responsabilités personnelles et professionnelles, une situation qui n’est pas facile. Bien que divers dispositifs d’aide tels que le congé de proche aidant ou le temps partiel soient disponibles, ils ne sont parfois pas adaptés ou suffisants. Laure Soulier-Vezine confirme que de nombreux aidants n’utilisent pas ces aides car ils ne connaissent pas leurs droits ou craignent d’être stigmatisés par leur employeur. Le recours à l’allocation journalière de proche aidant est faible en raison d’un manque d’information sur cette prestation, d’une mauvaise compréhension des critères d’éligibilité et de la complexité de la demande.

Obtenir le statut de proche aidant


Actuellement, il n’existe pas de statut légal pour les proches aidants. Toutefois, l’article L. 113-1-3 du Code de l’action sociale et des familles reconnaît les conjoints, partenaires liés par un PACS, concubins, parents, alliés, personnes résidant avec la personne aidée ou entretenant des liens étroits et stables avec elle comme étant des aidants familiaux. Ces aidants apportent une aide régulière et fréquente à la personne dans l’accomplissement de ses activités quotidiennes, sans but professionnel.

Travailler à temps partiel en tant qu’aidant


La flexibilité est souvent une demande fréquente des salariés aidants. Laure Soulier-Vezine explique que les horaires de travail mettent une pression supplémentaire sur les aidants qui doivent jongler entre leur travail et les imprévus liés à leur rôle d’aidant, tels que l’absence d’un aidant professionnel ou un retard dans le transport adapté. L’article L.3121-49 du Code du travail permet aux salariés de demander un aménagement de leurs horaires afin de faciliter l’accès à l’emploi, la poursuite de leur activité professionnelle ou le maintien dans leur emploi. Les aidants familiaux et les proches de personnes handicapées bénéficient également d’un aménagement adapté pour accompagner la personne dont ils s’occupent.

Le congé de proche aidant : comment en bénéficier ?


Le congé de proche aidant permet de suspendre temporairement l’activité professionnelle afin de prendre soin d’un proche en situation de handicap ou dépendant. Il est applicable dès l’embauche et peut être indemnisé sans condition d’ancienneté. Cependant, il est soumis à certaines conditions : le proche aidé doit être une personne handicapée avec un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80% reconnu par la MDPH ou avoir une perte d’autonomie déterminée par le conseil départemental (GIR 1 à 4). Sa durée est de trois mois, renouvelable dans la limite d’un an sur toute la carrière professionnelle. Sous réserve de l’accord de l’employeur, le congé peut également être fractionné par journée ou demi-journée pour permettre un travail à temps partiel.

Le télétravail pour les proches aidants


La loi du 19 juillet 2023 renforce l’accès au télétravail pour les salariés aidants qui ont des enfants atteints d’une maladie, d’un handicap ou victimes d’un accident grave. Le télétravail peut être bénéfique en évitant les temps de trajet supplémentaires. Cependant, il ne convient pas à tous les aidants, car certains d’entre eux considèrent que se rendre au travail leur permet de maintenir une vie sociale et de ne pas s’isoler.

Le congé de présence parentale pour les parents d’enfants handicapés


Le congé de présence parentale est destiné aux parents ayant un enfant nécessitant une présence soutenue et des soins contraignants en raison d’une maladie ou d’un handicap. Ce congé peut être pris de manière fractionnée par journée ou demi-journée dans la limite de trois ans, pour une durée maximale de 310 jours. Il est indemnisé par l’AJPP à hauteur de 58,59 € par jour (29,30 € pour une demi-journée).

L’aidance comme atout pour les employeurs


Les aidants ont souvent tendance à ne pas partager leur situation avec leur employeur par peur d’être stigmatisés. Cependant, s’ils prennent en compte les préoccupations liées à l’accompagnement de leurs salariés aidants, les entreprises peuvent bénéficier de leur contribution en termes de croissance économique et de culture managériale durable. Les aidants développent également certaines compétences, telles que l’agilité organisationnelle, la prise de décision et l’intelligence émotionnelle et relationnelle. Il est donc important de changer de regard sur les aidants et de reconnaître leur valeur.

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