Traitements du cancer du col utérin
Lorsqu’il est détecté et confirmé après un frottis et un test HPV que des lésions précancéreuses du col de l’utérus sont présentes, il est nécessaire de les enlever avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. Cette procédure, connue sous le nom de conisation, doit être réalisée par un spécialiste. Si la maladie est à un stade plus avancé, il peut parfois être nécessaire de retirer l’utérus. Faisons le point avec un expert.
Cancer du col de l’utérus : un diagnostic précoce pour un traitement adapté
Selon les statistiques annuelles en France, environ 3 000 femmes sont diagnostiquées avec un cancer du col de l’utérus. Ce diagnostic est établi après la réalisation de plusieurs examens, tels que des frottis et des tests HPV, qui révèlent la présence de lésions précancéreuses ou d’une infection à papillomavirus à haut risque.
Colposcopie : une technique de repérage des zones anormales
En cas de résultat suspect, le gynécologue réalise un examen du col de l’utérus au microscope, appelé colposcopie. Cette procédure est effectuée au cabinet du médecin et permet de localiser la zone anormale. Un échantillon est prélevé par le gynécologue pour une biopsie. Si celle-ci confirme la présence de cellules précancéreuses, une intervention chirurgicale est programmée.
Conisation du col de l’utérus : une intervention pour enlever la zone malade
L’intervention se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale, en fonction des préférences de la patiente. Le but de cette intervention, appelée conisation, est de retirer la partie malade du col de l’utérus. Généralement, une partie d’environ 1 à 2 centimètres de diamètre et 1 cm de hauteur est enlevée sur un col d’environ 5 cm de hauteur. Après l’intervention, la plaie se referme sans nécessiter de points de suture et cicatrise progressivement, avec quelques saignements possibles dans les 15 jours suivants.
Les risques associés à l’ablation d’une partie du col de l’utérus
L’ablation d’une partie du col de l’utérus n’a aucune incidence sur la fertilité de la patiente. Ses chances de tomber enceinte ne sont pas affectées par cette intervention. Cependant, le risque de ne pas mener une grossesse à terme augmente légèrement. En cas d’ablation de plus d’1 cm de hauteur, ce risque est multiplié par deux ou trois. Cependant, le risque naturel d’accouchement prématuré est d’environ 8 à 9 %. Ainsi, dans 80 % des cas, un accouchement complet peut être mené à terme après une conisation.
Impact de l’intervention sur les examens de surveillance
Il peut arriver que la cicatrice de la conisation obture partiellement l’orifice du col de l’utérus. Cela peut rendre les examens de surveillance plus difficiles, mais cela n’a pas d’autres conséquences, selon le Pr Gondry.
Hystérectomie : une opération parfois nécessaire
Dans certains cas, lorsque les cellules anormales sont localisées de manière particulière, le chirurgien n’a d’autre choix que de procéder à une hystérectomie, c’est-à-dire le retrait total de l’utérus. Cependant, cette situation ne représente que 10 % des cas. Si la patiente a encore le projet d’une grossesse, seul le col de l’utérus est retiré et elle est placée sous surveillance médicale.
Traitements avancés pour le cancer du col de l’utérus
Lorsque le cancer est plus avancé et qu’il a envahi profondément le col de l’utérus, le traitement doit être adapté. Il peut s’agir d’une hystérectomie suivie d’un curage des ganglions lymphatiques du pelvis. Si la tumeur a dépassé les 4 cm de hauteur, le traitement chirurgical ne peut plus être envisagé et une chimiothérapie ainsi qu’une radiothérapie sont proposées.
Pronostic et importance des examens de dépistage
Le pronostic du cancer du col de l’utérus est plus incertain à un stade avancé. Cependant, lorsqu’il est traité précocement, ce type de cancer peut être guéri dans 70 à 80 % des cas. Des séquelles urinaires et digestives peuvent survenir, sans oublier l’impossibilité de concevoir un enfant après une hystérectomie.
C’est pourquoi le Pr Gondry insiste sur l’importance du dépistage et de la prévention de ce cancer chez les femmes. Les examens de dépistage, tels que les frottis ou les tests HPV, sont pris en charge. De plus, une vaccination est proposée aux jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, afin de les protéger efficacement contre les papillomavirus responsables du cancer du col de l’utérus.
